BASSIS Henri

Né le 24 septembre 1916 à Paris (IIIe arr.), mort le 17 juin 1992 à Corbeil-Essonnes (Essonne) ; instituteur révoqué en 1940 puis directeur d’école à Paris ; écrivain et poète ; membre du secrétariat du Groupe français d’éducation nouvelle (GFEN) ; membre « fidèle et rebelle » du Parti communiste français.

Poème d’Henri Bassis dédié à Maurice Thorez
Poème d’Henri Bassis dédié à Maurice Thorez
Poème d’Henri Bassis dédié à Maurice Thorez. Le document figurant au dessous est le portrait de Maurice, son frère fusillé, et la plaque apposée à Paris en son honneur.

Fils de Jacques Bassis, lithographe, et de Nechama dite Anna Pawlowski, sans profession, naturalisée le 1er octobre 1927, Henri Bassis se maria le 7 août 1937 à la mairie du IIIe arr. de Paris avec Hélène Alberti, née le 26 octobre 1918 à Marseille. Le couple eut deux enfants puis divorça en 1956.
Vivant alors chez ses parents, il a été mobilisé le 16 septembre 1939 au Centre de mobilisation d’infanterie à Maison-Laffite puis détaché trois mois au peloton d’officiers de réserve à Laval puis au centre d’instruction d’aspirants à Vincennes jusqu’au 7 mai 1940 et a été démobilisé le 1er août 1940 comme soldat de 2e classe sans avoir pris part à des opérations militaires.
Bien qu’identifié comme communiste, il est révoqué de son poste d’instituteur en décembre 1940 non pas en raison de son activité politique mais au titre du décret sur les fonctionnaires Juifs. il fut réintégré le 25 août 1944 et travailla à l’Ecole communale de la rue de Turenne (IIIe arr.) avant de demander une mise en disponibilité.
Le 24 août 1941, il était absent du domicile de ses parents quand la police vint pour le perquisitionner. Il venait de quitter Paris avec sa femme et son fils ainsi que son frère, Maurice Bassis pour, selon ses parents, aller chercher du travail. Maurice venait de sortir de trois mois de prison en préventive et d’une condamnation au sursis pour propagande communiste avec les Jeunesses Communistes du 3e arrondissement.
Henri Bassis rejoignit la résistance, devenant bientôt officier dans les FTPF. Il a été homologué FFI.
Après guerre, membre actif de la FEN-CGT, militant communiste, il était secrétaire de la 3e section de la Seine. Il était, en 1950, rédacteur et gérant du journal Les amis de la Grèce.
Il fut, de 1962 à 1971, un des pionniers du Groupe expérimental du XXe arr. de Paris, fondé par Robert Gloton, dans les années soixante. Avec sa femme, Odette, professeur d’École normale, il œuvra au Tchad à la formation des maîtres, en mettant en pratique des idées collectives du GFEN qu’il présida pendant quelques années.

Poète, ses textes furent mis en musique par des musiciens prestigieux comme Joseph Kosma*, Jean Wiener et chantés par Jean Ferrat*, Juliette Gréco* et bien d’autres. Auteur d’une fresque historique musicale sur la Commune de Paris, A l’assaut du ciel, il consacra également une pièce de théâtre à Gracchus Babeuf, ou la Conspiration des Égaux. Il écrivit aussi une ode à Maurice Thorez, certainement au sortir de la guerre. Ses ouvrages consacrés à l’éducation, reflétaient les recherches collectives du GFEN.

Henri Bassis se remaria le 27 juillet 1957 à Montreuil (Seine/Seine-Saint-Denis) avec Yvette Berdin puis divorça en 1972. Il épousa le 30 janvier 1973 à Fort-Lamy (Tchad) Odette Rouzaud.

Ses obsèques se tinrent au Père Lachaise, le 24 juin 1992. Rendant compte de son décès, l’Humanité le présentait comme « président du GFEN, poète, écrivain, résistant ».
Une école primaire portait son nom à Champigny (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15856, notice BASSIS Henri, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 18 novembre 2018.
Maurice, son frère fusillé, et la plaque apposée à Paris en son honneur. ">Poème d’Henri Bassis dédié à Maurice Thorez
Poème d’Henri Bassis dédié à Maurice Thorez
Poème d’Henri Bassis dédié à Maurice Thorez. Le document figurant au dessous est le portrait de Maurice, son frère fusillé, et la plaque apposée à Paris en son honneur.

ŒUVRE : Le fichier de la BNF comprenait en 2016 49 références.
Poésie : A l’assaut du ciel, chansons (fresque historique). Musique de Joseph Kosma (Chant du Monde). — Autant d’amours, autant de fleurs, chanson, musique de Jean Ferrat (Gérard Meys, éd.). — Bonheur en tête, poèmes (chez Pierre Seghers), 1953. — Les moissons et les jours, poèmes, prix Interfrance (Belgique), 1958.—Les lentes eaux du temps, poèmes (prix Maurice Rollinat). — Le mors-aux-dents, poèmes (prix Blaise Cendrars). — Phosphores, ou les bûchers de la résurrection, poèmes (Jean Germain, éd.).
Théâtre : Gracchus Babeuf, ou la Conspiration des Egaux, tragédie en 5 actes et en vers, Corps Neuf, éd., 1984.
Commune de Paris, 34 p., 1951
Education : Former ou transformer ? des maîtres pour une autre école, Casterman, 1978. — Quelles pratiques pour une autre école, -tous capables ! en collaboration avec un collectif G.F.E.N., Casterman, 1982. — Je cherche, donc j’apprends, Messidor, 1984. — Reconstruire ses savoirs, en collaboration avec un collectif G.F.E.N., Messidor. — Dialogue sur l’égalité, Aléas éditeur.
Il est par ailleurs l’auteur de nombreux livres pédagogiques.

SOURCES : SHD Vincennes, dossier Henri Bassis, GR 16 P 37008 (non consulté) .— Presse. — La Vie ouvrière, 23-29 juin 1949. — Site du GFEN. — L’Humanité, 22 et 29 juin 1992. - CAC 19960325, PCF en 1950 (communiqué par l’IHTP). — Note de Jacques Girault.— Thèse de Pierre Roche .— Le Préfet de Police à Monsieur le Garde des Sceaux. A propos de Jacques Bassis, 3 décembre 1941 (archives privées Serge Hiet) .— Le Préfet de Police à Monsieur le Garde des Sceaux. A propos de Jacques Bassis, 28 mai 1941 (archives privées Serge Hiet) .— "Une pensée libre", L’Humanité, 19 juin 1992 .— Compléments par Eric Panthou.

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