BOURDENET Georges, Léon, Charles

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 26 janvier 1902 à Grand-Combe-des-Bois (Doubs), fusillé comme otage le 4 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; charpentier en bois ; communiste jusqu’en 1929 ; communiste clandestin ; résistant, membre du Front national.

Fils de Louis, préposé des Douanes, et de Julia, née Tournier, couturière, Georges Bourdenet épousa Louise Rondeau le 4 mars 1922 en mairie de Reims (Marne). Le couple eut un enfant, la famille demeurait 96 rue des Bons-Raisins à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine). Il travaillait comme charpentier en bois chez Renault à Boulogne-Billancourt, adhéra en 1924 au Parti communiste sur son lieu d’habitation et à l’association des Amis de l’Union soviétique. Il était membre du conseil syndical de la CGTU des charpentiers en bois en 1926. Il aurait été exclu en 1929 pour avoir exprimé publiquement des opinions qualifiées de « contre-propagande » sur l’activité du Parti communiste.
Il reprit contact ou fut contacté par des militants communistes au début de l’année 1941 et aurait adhéré au cours de l’année au Front national pour l’indépendance de la France après mai 1941. Le 20 avril 1942, vers 19 h 15 au Pont-de-Saint-Cloud, des inspecteurs des Renseignements généraux qui filaient Yves Cassé le repérèrent en compagnie de Georges Bourdenet, Abel Vacher et Roque.
Soupçonné d’activité communiste, Georges Bourdenet fut arrêté à son domicile à 6 heures du matin, le 16 mai 1942, par trois inspecteurs de la BS1. Sa bicyclette saisie, placée sous scellés, fut emmenée 11 rue des Saussaies au Service de renseignements de la SS (SD).
Il transita quelques heures au commissariat de Puteaux puis fut interrogé dans les locaux des Brigades spéciales pendant huit jours. Incarcéré au Dépôt, puis à la prison du Cherche-Midi (VIe arr.), établissement géré par les Allemands, il fut transféré au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le 28 septembre 1943, des FTP-MOI tuèrent Julius Ritter, responsable allemand du Service de la main-d’œuvre en France, rue Pétrarque à Paris (XVIe arr.). Les deux auteurs de l’attentat, Marcel Rajman et Celestino Alfonso, furent ultérieurement arrêtés et fusillés le 21 février 1944. En représailles, les Allemands décidèrent de fusiller cinquante et un otages dont trente-sept communistes et quatorze membres du réseau Alliance. Georges Bourdenet fut passé par les armes le 2 octobre 1943 au Mont-Valérien.
Sous le titre « Les représailles contre les actes terroristes » le quotidien collaborationniste Le Matin publia un très bref communiqué : « Les attentats et les actes de sabotage se sont multipliés en France ces derniers temps. Pour cette raison 50 terroristes, convaincus d’avoir participé à des actes de sabotage et de terrorisme ont été fusillés le 2 octobre 1943 sur l’ordre du Höherer SS und Polizeiführer ».
Le corps de Georges Bourdenet fut incinéré au cimetière du Père-Lachaise, l’urne fut inhumée le 23 octobre. Après la Libération, son épouse Louise Bourdenet déclara devant la commission d’épuration de la police ignorer le motif pour lequel les policiers arrêtèrent son mari. Elle précisa qu’il fut privé de nourriture pendant les huit jours de son interrogatoire par les Brigades spéciales.
Georges Bourdenet fut homologué comme FTP.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158476, notice BOURDENET Georges, Léon, Charles par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 27 avril 2014, dernière modification le 25 mars 2017.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo., 1W 0317, BA 2116, BA 2117, KB10. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 6 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.L’Humanité, 11 février 1926. – Le Matin, 4 octobre 1943. – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil.

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