SIMONETTI Pierre, François [Pseudonyme dans la Résistance : Vidal]

Par Daniel Grason

Né le 11 décembre 1906 à Casabianca (Corse, Haute-Corse), fusillé le 7 février 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; préposé à l’Assistance publique ; résistant membre des FTPF.

Fils de Jean, berger, et de Marianne, née Luigi, ménagère, Pierre Simonetti alla à l’école primaire et savait lire et écrire. Il épousa Germaine Poli le 30 août 1928. Le couple eut deux enfants et la famille demeurait 2 rue des Colonnes-du-Trône dans le XIIe arrondissement de Paris. Pierre Simonetti adhéra au Parti communiste en 1936 dans l’élan du Front populaire, mais n’eut jamais de responsabilité dans l’organisation. Mobilisé le 3 septembre 1939 au Groupe sanitaire divisionnaire à Corte (Corse, Haute-Corse), démobilisé le 30 août 1940 à Bastia, il revint à son domicile. Sa femme et ses deux enfants étaient partis en Corse dès 1939, se réfugier dans sa famille le temps des hostilités.
Pierre Simonetti travaillait comme préposé à l’hôpital Saint-Antoine (Paris, XIIe arr.). Il n’y militait pas, versait aux collectes en faveur des prisonniers politiques. En septembre 1942, un membre de l’organisation clandestine chargé de la propagande le contacta. Celui-ci fut arrêté, mais il eut un nouveau contact et devint responsable politique de la section du XIIe arrondissement de Paris. Apprenant que des policiers allaient l’arrêter, il quitta son travail et son domicile début juillet 1943. Il habita chez Germaine Buteau, une collègue infirmière au service de gynécologie qui vivait 19 rue de la Forge-Royale (XIe arr.). Il accepta d’entrer dans les Francs-tireurs et partisans (FTP), en contact avec Le Dréan, dit Jourdain, responsable militaire. Pierre Simonetti devint responsable régional aux effectifs chargé de recruter, d’appointer les FTP permanents et de leur fournir des cartes d’alimentation.
En liaison avec le Front national, le responsable des cadres et Georges Citerne, dit Morand, il forma début octobre 1943 trois équipes de quatre hommes. À la suite de plusieurs chutes de responsables FTP, ni argent ni tickets d’alimentation ne purent être fournis. Le responsable politique régional indiqua à Pierre Simonetti un moyen d’en récupérer, en attaquant la mairie de Paron, près de Sens (Yonne). Les renseignements émanaient de Louis Brier. Quant à l’argent, il était envisagé de préparer l’attaque d’un facteur payeur d’une poste.
Le 29 octobre 1943, plusieurs FTP se retrouvèrent à Paron, mais les hommes de la Feldgendarmerie 728 de Sens étaient également en embuscade. Cinq hommes, dont certains armés, furent arrêtés : René Guibet, Alphonse Heimst, Simon Duval, Maurice Salagnac et Émile Rivet. Le SD Kommando IV (service de renseignements de la SS) transmit à la police française des informations sur les interpellés et leurs complices. Les Allemands indiquèrent que Jacqueline Salagnac, demeurant 29 rue Rébeval à Paris (XIXe arr.), était susceptible de connaître le domicile de Pierre Simonetti, et qu’un des prisonniers avait rendez-vous avec un nommé « Vidal » le lendemain matin rue de Charonne (XIe arr.). Le samedi 30 octobre vers 8 h 30, des inspecteurs de la Brigade spéciale no 2 (BS2) interpellèrent Pierre Simonetti sur le lieu du rendez-vous.
Emmené dans les locaux des BS à la préfecture de police, Pierre Simonetti, qui portait quatre cartes d’identité en blanc et une feuille manuscrite sur son activité, fut interrogé et battu à plusieurs reprises. Il révéla qu’il avait six rendez-vous dans plusieurs points de Paris. Son domicile de refuge fut perquisitionné ; les policiers y saisirent trois cartes d’identité en blanc, les comptes de trésorerie et l’état des effectifs de l’organisation, des listes de souscription, un tract édité par le Parti communiste. Pierre Simonetti donna par ailleurs plusieurs signalements de FTP. Interrogée, Germaine Buteau dit qu’elle ne connaissait rien de l’activité de Pierre Simonetti, qui quittait son domicile et rentrait en fin de journée aux mêmes heures.
Incarcéré, Pierre Simonetti comparut le 1er février 1944 devant le tribunal du Gross Paris, qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « activité de franc-tireur », il fut passé par les armes le 7 février 1944 à 15 h 12 au Mont-Valérien, en compagnie de Maurice Salagnac, Émile Rivet, Simon Duval et Alphonse Heimst. Louis Brier fut déporté le 22 janvier 1944 à Mauthausen (Autriche). Il mourut à Gusen le 12 mars 1945.
L’inhumation de Pierre Simonetti eut lieu dans le carré des corps restitués au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Son nom figure sur les monuments aux morts de Bastia et de Casabianca, ainsi que sur la plaque commémorative de l’hôpital Saint-Antoine. Pierre Simonetti fut homologué lieutenant FTP-FFI à titre posthume et fut fait chevalier de la Légion d’honneur avec la mention « Mort pour la France ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158429, notice SIMONETTI Pierre, François [Pseudonyme dans la Résistance : Vidal] par Daniel Grason, version mise en ligne le 23 avril 2014, dernière modification le 24 mars 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 751. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII 5, Liste S 1744-059/44. – FMD, Livre-Mémorial, op. cit.– Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Casabianca.

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