ROULON Geneviève [née TRIOREAU]

Par Jacques Girault

Née le 3 août 1914 à Morée (Loir-et-Cher), morte le 22 août 2013 à Ars-en-Ré (Charente-Maritime) ; institutrice puis professeur de CEG à Paris ; militante syndicaliste , militante communiste.

Fille d’un employé de commerce et d’une employée des postes, Geneviève Trioreau reçut les premiers sacrements catholiques. Elle fut élève à l’École normale d’institutrices de Paris (Batignolles) entre 1932 et 1936 où elle fut responsable du mouvement Amsterdam-Pleyel et de la commission des jeunes du Syndicat national des instituteurs en 1935-1936. Institutrice à Bondy en octobre 1936, elle fut mutée en 1937 à l’école de garçons de la rue de la Fontaine au Roi dans le XIe arrondissement de Paris.

Elle épousa civilement l’instituteur Jean Roulon à Stains, le 18 juillet 1936. Ils eurent des enfants.

Toujours membre de la commission des jeunes du SNI de la section de la Seine, elle fit partie, après 1936, de l’équipe de travail de l’Internationale des travailleurs de l’enseignement et tenait des permanences à son siège, avenue Mathurin Moreau. Elle participa à la grève du 30 novembre 1938 et fut sanctionnée de huit jours de retenue de salaire. Hostile aux analyses pacifistes de la direction nationale du SNI, candidate au conseil syndical de la section du SNI sur la liste "d’unité confédérale" en février 1939 dans la deuxième circonscription, elle obtint 50 voix. 

Elle adhéra au Parti communiste en octobre 1936 et fut responsable des écoles élémentaires communistes dans le XIe arrondissement.

Volontaire pour rester à Paris, évacuée malgré tout au début de la guerre à Ids-Saint-Roch (Cher), revenue à Paris pour la rentrée d’octobre 1940, Geneviève Roulon participa, en novembre 1940, à une réunion clandestine, chez Madame Dietrich, avec André Voguet*, Jeanne Ethève, Madeleine Marzin et Jean Roulon qui rédigea un « manifeste du comité central du Parti communiste aux instituteurs de France » qui fut diffusé au début de 1941. Elle joua un rôle lors de la création du Front national chez les instituteurs de la Seine en 1941 et fut chargée de la diffusion chez les enseignants de publications clandestines politiques et syndicales (L’Université libre, L’École laïque, La Pensée libre, L’École libératrice). Elle fut à partir de 1943 responsable de la section de la Seine du SNI et de la publication du périodique syndical L’École du grand Paris. Elle entra dans la clandestinité du 29 janvier 1943 au 19 août 1944, date à laquelle elle participa à l’occupation du ministère de l’Éducation nationale puis des locaux de la Madeleine. 

Après la Libération, Geneviève Roulon fut désignée comme un des cinq responsables des instituteurs communistes pour la préparation de la première assemblée générale de la renaissance du syndicat. Élue à la commission exécutive de l’Union départementale CGT de la Seine en avril 1945 ; par la suite, elle fut souvent consultée par les instances de la direction du PCF avec son mari. Dès le 11 juin 1945, le secrétariat la convoqua pour décider du montant des indemnités versées aux instituteurs par les municipalités communistes. Le 8 octobre, le secrétariat la désigna comme animatrice de la réunion des enseignants communistes des trois degrés de la Seine.

Elle assura avec Edmond Breuillard le secrétariat général de la section du SNI de la Seine et ils co-signèrent de mars à décembre les éditoriaux de L’École du grand Paris. Lors des élections du conseil syndical en novembre 1945, la liste qu’elle conduisait "Pour une section puissante, unie et démocratique" obtint 34 % des voix. Restée alors membre du bureau, elle fut, en 1946, rapporteur au congrès du SNI à Grenoble sur la question des permanents syndicaux, elle présenta une motion qui ne correspondait pas au point de vue de Paul Delanoue. Elle fit une mise au point dans L’École libératrice du 5 février 1948. Elle figurait sur la liste B "unitaire" pour l’élection du bureau national du SNI et ne fut pas élue le 28 décembre 1947.

Geneviève Roulon fut élue au Conseil départemental de l’enseignement primaire de la Seine en octobre 1945 dans la cinquième circonscription (XVIIe-XXe arrondissements). Elle fut battue aux élections à la commission administrative paritaire départementale en 1948 et en 1952.

Comme membre du bureau syndical, elle présida plusieurs assemblées générales lors de la grève des instituteurs de la Seine à la fin de 1947. Réélue au conseil syndical en mars 1948, elle fut membre de la commission des affaires administratives. Favorable au maintien du SNI dans la CGT en 1948, elle fit partie de la FEN-CGT jusqu’en janvier 1954.

Geneviève Roulon prit part aux grands débats du SNI. Par exemple, lors du congrès national, le 21 juillet 1947, son point de vue concernant les votes dans les commissions paritaires accordant la prépondérance au point de vue de l’administration en cas d’égalité. Le bureau national du SNI , le 29 septembre 1947, la désigna pour la commission extérieure au BN qui examinerait le statut de la fonction publique.

Après la parution dans L’École du grand Paris en janvier-février 1984 d’un article de Juliette Harzelec indiquant que l’entrée en résistance des instituteurs communistes de Paris dans la Résistance n’avait commencé qu’en 1941, elle signa avec Madeleine Marzin et André Voguet un article rappelant les conditions de la rédaction de l’appel du Parti communiste aux instituteurs en novembre 1940 et les diverses initiatives d’origine communiste de cette période. Cette lettre aux dirigeants parisiens du SNI fut publiée dans l’Humanité, le 28 mars 1984.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158387, notice ROULON Geneviève [née TRIOREAU] par Jacques Girault, version mise en ligne le 22 avril 2014, dernière modification le 5 septembre 2015.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressée en 1977. — Presse syndicale. — Kunde (Kurt), Le SNI d’octobre 1935 à juin 1940 dans le département de la Seine, Mémoire de maîtrise, Université de Paris I, 1986. — Hirsch (Robert), La section de la Seine du Syndicat national des instituteurs et institutrices de 1944 à 1967, thèse, Université de Paris 13, 2003. —DBMOF. — Notes de Paul Delanoue et de R. Hirsch.

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