PICHARD André, Julien

Par Jean-Paul Nicolas

Né le 3 août 1900 à Fontaine-la-Soret (Eure), fusillé comme otage le 31 mars 1942 au Stand du Madrillet, Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; ajusteur à la SNCF.

André Pichard fut arrêté le 31 janvier 1942 à Rouen, par la police française, à la demande des autorités allemandes. Il fut considéré comme « résistant isolé SNCF », responsable de sabotages et détenteur d’une arme.
Deux courriers adressés au préfet nous renseignent sur l’affaire Pichard. Le premier, daté du 3 février 1942, est une lettre du commissaire central de police de Rouen informant le préfet des circonstances de l’arrestation d’André Pichard : « ... le 31 janvier dernier, au moment de l’alerte, à 21 h 30, un des marins allemands logés à l’hôtel du Cheval Blanc, 1 place du Boulingrin, s’est aperçu de la disparition de son pistolet automatique 8 mm, qui se trouvait dans le buffet d’une salle où la clientèle avait accès... Monsieur Dussaule, commissaire principal, chef de la Sûreté, sur les indications des époux Aubach, tenanciers de l’hôtel du Cheval Blanc, a été amené à se présenter au domicile du nommé Pichard, André, quarante et un ans, employé SNCF, qui, en complet état d’ivresse, a été retrouvé avec l’arme volée dans sa poche. Au cours de vérifications à son domicile, il a été trouvé détenteur d’un pistolet 7,65 mm et de cartouches diverses...et plusieurs bicyclettes. Devant les faits reprochés et les instructions de l’Autorité allemande, le nommé Pichard sera remis entre les mains de la Feldgendarmerie. Pichard André est marié et père d’un enfant de dix ans. Il est employé à la SNCF depuis vingt ans, et demeure à Rouen, 11 rue Marie Aroux, dans une coquette maison dont il est propriétaire ».
Le second courrier provient de la Feldkommandantur et s’adresse au préfet : « ...Comme vous le savez, le 23/2/42, un attentat au moyen d’un explosif a été commis sur une colonne en marche de la marine de guerre allemande au Havre. Les coupables n’ayant pas été découverts, jusqu’à présent, il a été ordonné de fusiller plusieurs personnes en expiation de cet attentat. Parmi les fusillés, se trouve aussi le susnommé André, Julien Pichard, fusillé le 31/03/42 à 8 heures du matin à Rouen. Pichard est enterré au cimetière de Petit-Quevilly entre les fosses 952-886 (carré 1, rangée 11) ».
Condamné à une peine de prison par le tribunal allemand FK 517 de Rouen, André Pichard a donc été fusillé comme otage, au stand du Madrillet de Grand-Quevilly. Sa plaque commémorative nous indique qu’il fut exécuté seul ce 31 mars 1942. Ce même jour, deux militants de Seine-Inférieure, véritables figures de la vallée ouvrière du Cailly, détenus à Compiègne, furent fusillés pour le même motif à Carlepont : Lucien Levavasseur du Houlme et Gustave Delarue de Malaunay. André Pichard n’est pas sur la liste des fusillés revendiqués par le Parti communiste français (PCF) de Seine-Maritime, cependant l’Union départementale CGT le compte dans son effectif de fusillés parmi les cheminots de Sotteville.
Il était marié et père d’un enfant.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158219, notice PICHARD André, Julien par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 20 mai 2014, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Jean-Paul Nicolas

SOURCES : DAVCC, Caen, BVIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Seine-Maritime, les fusillés, cote 51W428. – Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime, ouvrage de l’ADFFM de Seine-Maritime.

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