DERRIEN Ernest, Henri

Par Jean-Paul Nicolas

Né le 2 juillet 1913 à Landeleau (Finistère), fusillé le 8 novembre 1943 à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) au champ de tir du Madrillet, Grand-Quevilly ; ouvrier du bâtiment (plombier) ; FTPF ; militant communiste du Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).

Ernest Derrien
Ernest Derrien
Photo UL CGT Le Havre

Ernest Derrien habitait au Havre avant la clandestinité, au 186 rue du Bois-au-Coq. À la suite de la mort en mission de Jean Le Brozec le 9 août 1943, Ernest Derrien prit le commandement du détachement FTP du Havre. Ernest Derrien, Jules Bridoux et quelques camarades (parmi lesquels figurait Maurice Mailleau, jeune FTP rouennais du maquis de Barneville), organisèrent une riposte contre la Gestapo du Havre, le 12 août, rue Hippolyte-Fenoux. Bridoux fut abattu à son tour tandis qu’Ernest Derrien, qui passait à vélo devant le siège de la Sipo-SD, fut désigné, par un informateur, aux policiers qui lui tirèrent dessus. Blessé et arrêté sur-le-champ, Ernest Derrien, ainsi que Maurice Mailleau, capturé, furent fusillés le 8 novembre 1943 à Rouen Grand-Quevilly. Cependant, si un doute subsistait à propos du lieu d’exécution (Le Havre ou Rouen ?), l’examen en 2010 des archives de correspondance entre les Renseignements généraux de Rouen et la préfecture permet de lever ce doute car il ressort que « Derrien a été condamné à mort par le conseil de guerre allemand le 5 novembre 1943 et fusillé à Rouen le 8 novembre 1943 ». Le tribunal militaire allemand FK 517 condamna le 5 novembre huit hommes à être fusillés le 8 novembre : six FTP du maquis de Barneville, Maurice Mailleau étant compris dans les six, Gérard Brillet de Rouen et Ernest Derrien.

Grièvement blessé en août, il dut passer un certain temps dans un hôpital au Havre ou à Rouen avant son incarcération, ce qui expliquerait ce doute sur son lieu d’exécution. Au mémorial des fusillés du Madrillet, les soixante-quinze plaques des fusillés sont disposées côte à côte dans l’ordre chronologique de 1940 à 1944. Seule exception : la plaque d’Ernest Derrien (8 novembre 1943) est placée à côté du dernier fusillé de 1944, Césaire Levillain. Ernest Derrien a son nom inscrit sur une plaque séparée des sept autres fusillés du 8 novembre 1943, ce qui indique que son nom (oublié ?) a été rajouté après l’édification du mémorial de Grand-Quevilly.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article157986, notice DERRIEN Ernest, Henri par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 11 juin 2014, dernière modification le 20 octobre 2017.

Par Jean-Paul Nicolas

Ernest Derrien
Ernest Derrien
Photo UL CGT Le Havre

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty). – Arch. mun. Havre : Fichier « Résistants » : 517W9. – Arch. Dép. Seine-Maritime (Darnétal), cote 51W428 dossier « fusillés », sous-dossier : Ernest Derrien. – État civil Mairie de Landeleau (Finistère). – Enquête Madrillet Jean-Paul Nicolas. – Arch. Dép. Seine-Maritime : documents sonores 1940-1944 : entrevue avec l’ancien FTP André Duroméa en 1982. – Marie-Paule Dhaille-Hervieu, Communistes au Havre, PURH, 2010. – André Duroméa raconte, Messidor, 1987.

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