PFRIMMER Louis, Henri, Édouard

Par Jacques Girault

Né le 18 juin 1927 à Mulhouse (Haut-Rhin), mort le 27 juillet 1965 à Chamonix (Haute-Savoie) ; professeur ; militant communiste ; traducteur du théâtre de Bertolt Brecht.

Fils d’Albert Pfrimmer, professeur agrégé, socialiste SFIO, participant aux actions du Mouvement de la Paix à la fin des années 1950, Édouard Pfrimmer, professeur agrégé d’allemand au lycée Marceau à Chartres (Eure-et-Loir), obtint en 1955 une bourse de la Fondation Thiers et entra au CNRS. Puis il fut nommé assistant à la Sorbonne.

Édouard Pfrimmer effectua son service militaire dans l’infanterie à Saint-Maixent (Deux-Sèvres) à partir d’octobre 1952 et le termina avec le grade de sergent en octobre 1952.

Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire depuis novembre 1947, il militait aussi à la FEN-CGT.

Habitant Chartres jusqu’en 1954, il adhéra au Parti communiste français en mai 1948 et fut le secrétaire de sa cellule à Chartres. Il fut arrêté en janvier 1951 lors de la manifestation contre la présence du général Eisenhower. Élu au comité de la fédération communiste d’Eure-et-Loir en septembre 1952, il quitta la fédération en 1954 et ne fut pas réélu au comité fédéral en mai 1954.

Édouard Pfrimmer effectuait régulièrement des voyages dans les deux Allemagnes. Il préparait une thèse sur le théâtre allemand. Il signa le Manifeste des 150 qui appelait à entretenir des relations avec les professeurs d’Allemagne occidentale. Membre du comité national du mouvement, responsable de la sous-commission allemande, il fut un des organisateurs de manifestations en 1953 et en 1955. Dans la direction du PCF, on s’interrogeait sur les conséquences éventuelles de ses rapports avec les enseignants d’Allemagne de l’Ouest. En 1954, fut créé un Comité français pour la solution pacifique du problème allemand qui prépara la conférence internationale du Palais d’Orsay contre la Communauté européenne de défense le 18 mars 1954. Pfrimmer joua un grand rôle dans son déroulement. En 1957, il fut proposé comme traducteur bénévole. Lors de l’enquête effectuée sur lui, le secrétaire de la fédération de Paris assura qu’il était un « militant sérieux » et qu’il avait soutenu les analyses du congrès du Havre du PCF.

Au début des années 1960, assistant à la Sorbonne, il habitait à Palaiseau (Seine-et-Oise/Essonne) et adhérait à la cellule Sorbonne-lettres du PCF.

Dans le même temps, Pfrimmer contribuait à faire connaître l’œuvre théâtrale de Brecht comme traducteur avec Armand Jacob ou d’autres germanistes dont Gilbert Badia ou André Gisselbrecht. Son nom parut pour la première fois sur l’affiche du théâtre Sarah Bernhardt qui jouait en 1955 Le cercle de craie caucasien. Dès lors, jouer du Brecht devint de plus en plus répandu et il fut associé à diverses initiatives. Patrice Chéreau, initié par lui avant qu’il ne prenne la direction du théâtre de Sartrouville en 1966, lui confia un statut de conseiller. Les éditions de l’Arche publièrent tout le théâtre de Brecht traduit, présenté et annoté par Armand Jacob et Edouard Pfrimmer à partir de 1962. Il collabora avec Gabriel Garran au théâtre de la Commune à Aubervilliers dans un spectacle à forte référence allemande, Andorra, à partir de janvier 1965. Après son décès, d’autres traductions faites par lui furent publiées ou republiées.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article157573, notice PFRIMMER Louis, Henri, Édouard par Jacques Girault, version mise en ligne le 17 mars 2014, dernière modification le 17 mars 2014.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le fichier de la BNF comprend 28 références dont l’ensemble du théâtre de Bretch et une traduction de l’ouvrage de LUKACS (Georg), La destruction de la raison, Paris, L’Arche, 1958.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Divers sites Internet.

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