MARTIN Jean, Auguste, Noël [Pseudonyme : Louis]

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 7 mars 1910 à Saint-Remy (Saône-et-Loire), fusillé le 5 août 1943 à L’Épine (Marne) ; artisan menuisier-ébéniste ; militant communiste ; résistant.

Militant communiste de Saône-et-Loire passé à la clandestinité, Jean Martin fut envoyé à Reims par le Front national de lutte pour l’indépendance de la France sous le pseudonyme de Louis. Au début de 1943, il accueillit et hébergea Michel Sicre, secrétaire avant guerre du syndicat CGTU de la Société des transports en commun de la région parisienne (TCRP) qui, après avoir organisé le Front national en Bourgogne et en Franche-Comté, assura dans la Marne la direction départementale du mouvement. Jean Martin organisait la diffusion de tracts hostiles à l’occupant et était chargé du recrutement de résistants dans toute la région, de Château-Thierry (Aisne) à Rethel (Ardennes). Membre des FTPF, il rassemblait des armes, des munitions, des engins incendiaires qu’il se procurait auprès de résistants ardennais comme Raymond Gavart, et qu’il entreposait dans un immeuble situé rue de Trianon à Reims. Le 15 février 1943, une perquisition de la police française découvrit le dépôt d’armes et aboutit à l’arrestation de Jean Martin et de cinq camarades, parmi lesquels Maximilien Thomas de Reims, déporté le 11 novembre 1943 à Natzweiler, mort en déportation. Jean Martin fut condamné à mort le 27 juillet 1943 par le tribunal militaire allemand FK 531 siégeant à Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne) pour « détention d’armes et activité communiste ». Il a été fusillé le 5 août 1943 à 16 h 53 sur le terrain de la Folie à L’Épine.
Inhumé dans le cimetière de l’Est de Châlons, le corps de Jean Martin a été exhumé le 28 juillet 1948 et transféré dans un cimetière dont la localisation n’a pas pu être déterminée.
Dans la Marne, le nom de Jean Martin figure sur la plaque commémorative de la Butte des fusillés à L’Épine. En Saône-et-Loire, Il est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Rémy.
Un extrait de la dernière lettre de Jean, Auguste Martin adressée à son épouse et à ses enfants a été publié dans L’Union des 13 et 14 septembre 1947 : « Soyez tous forts et courageux. Aujourd’hui à cinq heures du soir je serai dans un monde meilleur. Je suis victime de circonstances malheureuses. Hélas, si les peuples se comprenaient, il n’y aurait plus de sang versé. Je souhaite que cette guerre soit la dernière et que tous les peuples vivent en frères. Je n’aurai hélas pas le bonheur de le voir. Séchez vos larmes, cela n’avance à rien. Soyez forts et courageux, ne vous laissez pas abattre. Adieu, vive la France. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article157437, notice MARTIN Jean, Auguste, Noël [Pseudonyme : Louis] par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 11 mars 2014, dernière modification le 17 mars 2017.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

SOURCES : DAVCC, Caen. – Dossier De Brinon, B7/878. – Arch. Dép. Marne, M 7463, exécutions par les Allemands 1941-1944 ; fusillés ou exécutés par les Allemands, Liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – L’Union, 13-14 septembre 1947. – Pierre Gillet, « Châlons sous la botte. Souvenirs de la Résistance à Châlons-sur-Marne et dans l’arrondissement (1940-1945) », Cahiers châlonnais, no 3, Châlons-sur-Marne, 1983, réédité en 1998. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, DVDrom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013.

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