KHEFFACHE Laïd [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né en 1908 à Taghzout près de Biskra ; un des fondateurs en 1956 du syndicat messaliste USTA.

L. Kheffache, dont on ignore les emplois mais qui a certainement fait de longs séjours en France dans l’immigration, apparaît militer au PPA, toujours interdit, à Alger quand reprend l’activité politique en 1943. Il devient probablement un permanent du MTLD. En tout cas, dans la crise du MTLD entre Messali et les partisans du comité central (centralistes), il choisit Messali à qui il rend visite en France, à Niort où celui-ci est assigné à résidence. Il est reçu le 21 août 1953.

Il fait ensuite partie du cercle proche de Messali au sein du MNA, le parti formé en réplique du déclenchement de l’insurrection de novembre 1954 qui proclame le FLN. Assisté de Mohamed Ramdani et Abdelkader Teffaha* qui, eux, ont été formé au syndicalisme de la CGTU puis de la CGT (syndicat des traminots à Alger), L. Kheffache conduit la délégation du MNA qui, à plusieurs reprises à Paris et à Bruxelles, rencontre à l’automne 1955 la délégation de syndicalistes envoyés par le FLN depuis Alger (Attalah Benaissa*, Rabah Djermane et Boualem Bourouiba) pour discuter de la création d’une Union syndicale nationale algérienne unique, adhérant à la CISL. Ces rencontres se poursuivent à Alger en janvier 1956 pour se terminer dans le tumulte. L. Kheffache est ainsi un des fondateurs du syndicat messaliste USTA déclaré à Alger le 15 février 1956. Le FLN approuve ensuite la création de l’UGTA une semaine après (en date du 24 février).

Arrêté en cours d’année 1956 à Alger, Laïd Kheffache reste détenu au camp de Berrouaghia jusqu’à sa libération en 1958 après l’arrivée de de Gaulle au pouvoir. Il part en France reprendre place au MNA et à la direction de l’USTA qui subsiste dans les bases anciennes du messalisme dans l’immigration.

En juin 1961, alors que se déroulent les premières négociations d’Évian avec les délégués du FLN, Messali refuse que le MNA participent à ces discussions, L. Kheffache quitte le MNA pour suivre Ben Amar Khelifa, un vétéran de l’ENA à Alger et du PPA, qui lance un mouvement qui accepte la négociation : le Front algérien d’action démocratique (FAAD), avec le concours de syndicalistes de l’USTA dont notamment Abderrahmane Bensid qui s’emploie à continuer l’USTA.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article157342, notice KHEFFACHE Laïd [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 9 mars 2014, dernière modification le 9 mars 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : B. Stora, Dictionnaire biographique des nationalistes algériens, op. cit. — B. Bourouiba, Les syndicalistes algériens, op. cit.

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