KHALFALLAH Mostefa [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né vers 1939 ; responsable UGTA à Constantine à partir de 1956, dirigeant FLN local.

Né dans une famille venant de Djidjelli (Jijel), M. Khalfallah grandit dans le quartier arabe de Constantine. Son père monte d’abord une boutique de tannerie puis devient propriétaire d’un café. Au moment de la répression qui suit l’offensive du 20 août 1955 dans le Constantinois, la police fait une descente à la maison. Le père subit d’horribles sévices devant sa famille avant d’être emprisonné.

Le jeune garçon, qui est en classe de philo au lycée, voit aussi les attentats se multiplier dans la ville au début de 1956. Il quitte le lycée et va participer à l’action de l’UGTA qui vient d’être fondée et accueille les syndicalistes venant de la CGT-UGSA, et prend place dans l’organisation FLN de la ville. Il devient le coordinateur du bureau de l’UGTA de Constantine. Il est chargé de répercuter dans le Constantinois la grève de huit jours de la fin janvier 1957. Alors que se déchaîne « la Bataille d’Alger », la répression se durcit à Constantine également.

Menacé, avec d’autres camarades syndicalistes, il s’embarque avec sa voiture de Bône (Annaba) à Marseille. Les jeunes gens gagnent Rome pour prendre contact avec la représentation du FLN et se mettre à la disposition de l’antenne de l’UGTA à Tunis. Ils sont déçus par la réponse de celui qui assume alors la coordination de l’UGTA à Tunis, l’enseignant Mouloud Gaïd. Ils font retour à Constantine soigneusement fichés et photographiés par les différents services de police. Aussi, l’arrestation ne tarde pas. M. Khalfallah, dit Boutmira, est menotté dans l’établissement scolaire où il faisait clandestinement le surveillant. Il est détenu en camp de transit puis en prison.

Il fait partie des prisonniers libérés à la fin de 1958 après le passage et le discours du général de Gaulle annonçant le lancement du plan de Constantine. Il gagne alors la wilaya 2 et devient le secrétaire du commandant de wilaya, le colonel Ali Kafi puis Salah Boubnider. Après les accords d’Évian, il peut, en surmontant les conflits avec l’ALN, assurer la réorganisation de l’UGTA à Constantine et régulariser les pratiques d’épuration en tant que responsable FLN. Il lance une consultation auprès des militants pour préparer un texte pour le programme dont doit débattre le congrès des dirigeants du FLN à Tripoli. Les propositions sont très socialisantes émanant des militants formés par le syndicalisme (CGT). Le texte est transmis. On ne sait s’il a reçu quelque considération.

Mostefa Khalfallah est un exemple de passage direct du lycée à l’encadrement FLN du syndicat et de la conjonction parti-syndicat qui va s’exercer après l’indépendance.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article157339, notice KHALFALLAH Mostefa [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 9 mars 2014, dernière modification le 9 mars 2014.

Par René Gallissot

SOURCE : Témoignage cité dans B. Bourouiba, Les syndicalistes algériens, op. cit.

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