BILLOT Émile, Jean-Baptiste

Par Daniel Grason

Né le 15 mars 1908 à Fouquières-lès-Lens (Pas-de-Calais), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 à Caen (Calvados) ; manœuvre dans l’industrie ; militant communiste ; résistant.

Cliché fourni par la famille.

Fils d’Omer et d’Élisa, née Méresse, Émile Billot, effectua son service militaire en 1928. Marié, père de six enfants mineurs, la famille demeurait 14 rue des Quatre-Frères-Peignot à Paris (XVe arr.). Il travailla comme manœuvre à la Compagnie générale de radiologie (usine Thomson) au 50 rue de Lourmel (XVe arr.) puis, depuis le 15 septembre 1940, au 45 rue de la Concorde à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Il était apprécié comme un bon ouvrier sur son lieu de travail.
Il adhéra au Parti communiste en 1936, eut un échange un peu vif en 1940, fut condamné le 1er août 1940 par la 13e chambre correctionnelle à un mois de prison avec sursis pour « outrages et rébellion » à un policier. Depuis juin 1940, il approvisionnait trois groupes de militants qui diffusaient les tracts communistes dans le quartier Javel. Il collectait les cotisations. François Langouët était en relation avec lui et Jean Morvan l’approvisionnait en tracts. L’attaque des troupes nazies le 22 juin 1941 contre l’Union soviétique libéra les énergies militantes et la police nota une recrudescence de la diffusion de la propagande communiste dans l’arrondissement, plus particulièrement dans le quartier de Javel où étaient les usines Citroën.
Deux inspecteurs des Renseignements généraux interpellèrent Émile Billot le 18 juillet 1941 ; il remit spontanément aux policiers un paquet de tracts et des brochures en sa possession. Sur un carnet de notes figuraient les cotisants et les sommes collectées pour les familles des emprisonnés. Les autres membres de l’organisation, Jean Morvan, François Langouët et Georges Jensen furent arrêtés le 18 juillet et Joseph Di Fusco le lendemain. Au fur et à mesure des arrestations, les policiers organisèrent des confrontations avec Jean Morvan, François Langouët et Joseph Di Fusco. Du fait de ses charges familiales, Émile Billot demanda l’indulgence aux deux policiers.
Inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939, Émile Billot fut incarcéré le 18 juillet à la prison de la Santé, puis le 20 juillet à Fresnes. Inculpé pour « activité communiste », il comparut le 24 septembre 1941 devant la Section spéciale de la cour d’appel de Paris. Il fut condamné à vingt ans de travaux forcés pour « activité en faveur de l’ex-Parti communiste et responsable du secteur de Javel ». Le 25 septembre sous le titre : « La répression de la propagande communiste », le quotidien collaborationniste Le Matin annonça le verdict. Le 29 septembre, Billot était envoyé à la centrale de Caen (Calvados).
En représailles aux attentats des résistants contre les militaires allemands, le 14 décembre 1941, le général Von Stülpnagel fit paraître dans la presse collaborationniste un « Avis » : « Ces dernières semaines, des attentats à la dynamite et au revolver ont à nouveau été commis contre des membres de l’armée allemande. Ces attentats ont pour auteur des éléments, parfois même jeunes, à la solde des Anglo-Saxons, des Juifs et des Bolcheviks et agissant selon les mots d’ordre infâmes de ceux-ci. Des soldats allemands ont été assassinés dans le dos et blessés. En aucun cas, les assassins ont été arrêtés ». Le lendemain, soixante-dix otages furent fusillés au Mont-Valérien, neuf à Châteaubriant, trois à Fontevrault-l’Abbaye (Fontevraud) et treize à Caen dont Émile Billot.
Son nom figure sur le mur commémoratif rue du Capitaine-Guynemer à Caen. Après la Libération une plaque commémorative fut apposée à l’entrée de l’immeuble où il habitait : « Ici habitait Émile Billot 1908-1941, fusillé par les nazis le 15 décembre 1941 à Caen ». Il figure aussi sur une plaque commémorative de l’entreprise Thomson, qui s’est retrouvée par erreur au Centre d’archives historiques de la SNCF au Mans.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article157327, notice BILLOT Émile, Jean-Baptiste par Daniel Grason, version mise en ligne le 7 mars 2014, dernière modification le 24 août 2017.

Par Daniel Grason

Cliché fourni par la famille.

SOURCES : Arch. PPo. 77W 86, 77W 1708, BA 2057. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Le Matin, 25 septembre 1941. – Site Internet ONAC Caen. – Mémorial GenWeb.

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