ORHANT Louis [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Déserteur du convoi en partance pour Marseille et la guerre en Algérie contre l’avis du PCF ; un des fondateurs de Jeune Résistance, regroupant les déserteurs en liaison avec le groupe Curiel* ; s’échappe de la salle du tribunal militaire.

Dans son ouvrage consacré à Georges Mattéi* qui réorganise le réseau Curiel d’aide au FLN, J.-L. Einaudi présente Jean Orhant comme « un ouvrier qui a été le premier à déserter et a été exclu du PCF pour cette raison ». Pour faire pièce au Mouvement anticolonialiste français qu’Henri Curiel* voulait mettre en place, le responsable de la Fédération de France du FLN, Omar Boudaoud, établi à Francfort sur le Main (RFA), entendait soutenir l’insoumission et la désertion des appelés français ; il appuie le mouvement Jeune Résistance. Au milieu de 1960, un des fondateurs Pierre Hespel*, lui-même ancien communiste, propose alors Jean Orhant pour en devenir le secrétaire politique.

Dans son propre témoignage, celui-ci reste aussi modeste. Il rappelle sa désertion ; quand son contingent est conduit à Marseille pour partir en Algérie, il refuse d’embarquer. Il est incarcéré pour 15 jours ; à un nouvel avis d’embarquer, il réussit à se défiler et gagne la Suisse. C’est à Yverdon que durant l’année 1959 avec notamment Jacques Berthelet*, il assure l’accueil des déserteurs français. En janvier 1960, tous deux sont expulsés sur l’Allemagne fédérale ; ils maintiennent les contacts avec les réseaux et le groupe Jeune Résistance. Entré en France à la fin de 1960, Louis Orhant est arrêté en janvier 1961 avec Pierre Hespel, et envoyé devant le tribunal militaire. Pendant le délibéré, il réussit à échapper à la garde des gendarmes pour retourner en clandestinité ; il n’entendra pas le verdict qui le condamne à 18 mois de prison.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article157286, notice ORHANT Louis [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 3 mars 2014, dernière modification le 3 mars 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : J.-L. Einaudi, Franc-tireur. Georges Mattéi, de la guerre d’Algérie à la guérilla. Éditions du Sextant et Danger public, Paris, 2004. — J. Charby, Les porteurs d’espoir. Les réseaux de soutien au FLN pendant la guerre d’Algérie : les acteurs parlent. La Découverte, Paris, 2004.

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