BARJONET Marcelle [épouse HURAUX Marcelle]

Par Dominique Loiseau, Claude Pennetier

Née le 11 novembre 1911 à Alger, morte le 6 janvier 1986 à Paris ; professeure agrégée de philosophie ; résistante (Front national, Hérault) militante du PCF, de l’UFF.

Marcelle Barjonet était fille d’un lieutenant-colonel, Pierre Barjonet et de Marie-Félicie née Daumes qui avait été lavandière à Grasse avant son mariage. Son père était fortement imprégné des idées maurassiennes. Il œuvra à la pacification de l’Algérie et du Maroc pendant la guerre du Rif. Le frère cadet (né en 1921) de Marcelle, André Barjonet, fut militant de la CGT et du PCF.

Marcelle Barjonet fit ses études à Toulouse puis à Paris, obtint l’agrégation de philosophie et s’intéressa au surréalisme. En 1934, son sujet de thèse partait sur « Influence de neo-platonisme sur Spinoza par l’intermédiaire de la philosophie hébraïque ». Elle étudia alors l’hébreu et travailla sur la kabbale.

Déjà militante active, elle adhéra au PCF à l’été 1939 après un voyage en URSS au moment de la déclaration de guerre, en réaction contre la campagne qui suivit la signature du Pacte germano-soviétique. Elle enseigna à Poitiers, à Montpellier puis à Lyon. Avec Simone Bertrand*, elle dirigea à partir de 1943 la zone sud de l’Union des comités des femmes de France. Lorsqu’elle était à Montpellier, elle fut également responsable du Front national en Languedoc (Aude et Hérault) Voir : Pupponi Henri ; Marres Paul. Dans ces fonctions, elle déploya une grande activité. En novembre 1943, elle dut quitter Montpellier pour des raisons de sécurité.

Elle fut membre du Comité lyonnais de Libération, et du bureau national de l’Union des femmes françaises en 1945, lors du premier congrès de cette association. Détachée de l’Éducation nationale, elle fut, jusqu’en 1948, responsable de la Fédération démocratique internationale des femmes.

Mariée en 1955 avec le militant communiste André Huraux qui était son compagnon depuis plusieurs années, elle enseigna dans des lycées parisiens, d’abord à Hélène Boucher, et travailla sur Descartes (un livre, une exposition) et Spinoza. Lors de l’Affaire Marty, elle fut convoquée par la commission d’enquête, ainsi que son compagnon, ancien député de Paris. On les accusa d’actions imaginaires comme de profiter de leurs vacances en moto pour porter des missives à André Marty réfugié dans les Pyrénées-Orientales. André Huraux fut plus sévèrement sanctionné et sortit brisé de cette période. Sans militer activement, Marcelle Barjonet maintint des relations correctes avec la direction du PCF comme en témoigna une lettre aimable que lui envoya Maurice Thorez, en 1964, suite à l’envoi d’un de ses livres.

Elle fit partie des femmes qui protestèrent devant la quasi-absence des femmes résistantes dans le livre publié par le PCF en 1967 : Le PCF dans la Résistance. Le Parti créa alors une commission de cinq femmes - dont Marcelle Barjonet - pour étudier ce problème

Elle quitta le Parti communiste au début des années 1970, en désaccord avec les orientations données par Georges Marchais*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15723, notice BARJONET Marcelle [épouse HURAUX Marcelle] par Dominique Loiseau, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 2 novembre 2018.

Par Dominique Loiseau, Claude Pennetier

Fausse carte d’identité de Marcelle Barjonet en 1943.
Fausse carte d’identité de Marcelle Barjonet en 1943.

SOURCES : Femmes dans la Résistance, actes du colloque UFF, 1975. — Archives nationales UFF. — Renée Rousseau, Les femmes rouges, Albin Michel, 1983. — La Vie ouvrière, 16 au 22 février 1950, "Descartes et la classe ouvrière". — Jean-Claude Richard-Ralite, "Henri Pupponi et le Front national à Montpellier en 1943 et 1944", Le Midi Rouge, bulletin de l’Association Maitron Languedoc-Roussillon, 31, 2018, pp.7-12. — Renseignements communiqués par son fils, Marc Huraux, né en 1954, réalisateur de documentaires.

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