KALDOR Pierre [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né le 15 mai 1912 à Paris, mort le 5 mars 2010 ; avocat ; communiste, secrétaire général du Secours populaire ; à la suite d’Henri Douzon, responsable du groupe des avocats communistes défendant les emprisonnés algériens de la guerre d’indépendance.

Son père était imprimeur installé en France en 1900. Boursier, Pierre Kaldor fait des études de langues et de droit. Il adhère au PCF et au syndicat CGTU des employés. Inscrit en 1933 au barreau de Paris, il travaille avec Marcel Willard, l’avocat communiste qui défend notamment le dirigeant communiste allemand Thaelmann dans le procès de l’incendie du Reichstag. Secrétaire adjoint de la section communiste de Paris IXe, il contribue aussi au travail du groupe parlementaire communiste.

Arrêté en octobre 1939, il est condamné à cinq ans de prison et passe de prison en prison : la Santé à Paris, Bourges, Clairvaux, Châlon-sur-Marne d’où il s’évade en novembre 1943. Réfugié en Normandie, il participe à la Résistance, et à la libération de Paris, à la prise de contrôle du Ministère de la Justice.

Le PCF relance l’ancien Secours rouge sous le nom de Secours populaire. Le dirigeant communiste Jacques Duclos appelle Pierre Kaldor à la direction. Il devient le premier secrétaire général du Secours populaire, le demeurant jusqu’à la fin de l’année 1947. Il collabore au cabinet de l’avocat communiste Joë Nordmann ; défendant Les Lettres française, il prend part au « procès Kravchenko ».

Surtout depuis 1950, en liaison avec Henri Douzon, l’avocat communiste chargé de suivre les procès coloniaux, il devient un des avocats prenant la défense des militants accusés dans le domaine africain, le plus souvent au titre du Secours populaire. En 1950, il passe près de cent jours en Afrique ; il devient le secrétaire général du comité de défense des libertés démocratiques en Afrique Noire. Henri Douzon est aussi chargé par le Comité central du PCF, de diriger le groupe des avocats communistes et d’alliés du Secours populaire quand la répression s’abat en Afrique du Nord.

Face à la guerre française en Algérie, ce groupe des avocats communistes et proches comme les Stibbe et Gisèle Halimi supporte un véritable pont algérien pour assister les accusés devant les tribunaux miltaires. Quand Henri Douzon est interdit sur le territoire algérien, c’est Pierre Kaldor qui prend la tête du groupe et accomplit ainsi vingt-et-un déplacements jusqu’à son expulsion en 1960. Il se situe dans la ligne de défense qui en reste au plaidoyer classique mais très serré d’argumentation juridique, contestée par Jacques Vergès* à la tête des avocats du FLN, qui entend mener une « défense de rupture ».

L’engagement anticolonial de Pierre Kaldor le conduit à fonder et militer à l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA) dont il devient le président à partir de 1975. Parallèlement de 1956 à 1971, il fut tête de liste communiste aux élections municipales à Neuilly-sur-Seine où il habite. Décédé à quatre-vingt-dix-sept ans, ses obsèques eurent lieu le 12 mars 2010.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article157037, notice KALDOR Pierre [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 23 février 2014, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par René Gallissot

SOURCES : IHTP, fonds Nordmann, APP S 31 et S 32. — La défense — Notice par Claude Willard dans DBMOF — Notice par Frédéric Genevée et Claude Willard, DMOMS, op.cit., t. 7, 2011.

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