TABARANT Adolphe, Henri, Philippe [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron. Notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 8 octobre 1863 à La Possonnière (Maine-et-Loire), mort le 21 août 1950 à Paris (Xe arr.) ; journaliste, écrivain, collaborateur de la presse anarchiste.

Fils d’Adolphe Tabarant, employé des travaux publics, et de Marie Courot, Adophe Tabarant, qui avait dû s’exiler pour insoumission d’abord en Belgique dont il fut expulsé en 1886, puis en Suisse, était revenu en France à l’été 1889. Il fut le secrétaire du Club de l’Art social, constitué le 15 novembre 1889, jour où ses statuts parurent dans les Annales artistiques et littéraires. Pour Tabarant, l’art social s’opposait à l’art pour l’art considéré comme individualiste. Le Club ne vécut que quelques mois.

Tabarant collaborait depuis le début des années 1880 à la Revue socialiste, qu’il quitta lorsque G. Renard, qu’il avait attaqué, en prit la direction en 1894. Il collabora alors à la presse libertaire et notamment à l’hebdomadaire L’En-Dehors(Paris, 1891-1893) de Zo d’Axa* où il fut l’un des premiers à souscrire en faveur de Ravachol*.

Il fut également l’un des signataires de la pétition pour la révision du procès Dreyfus parue dans Le Figaro (17 janvier 1898) et publia la brochure Socialisme et antisémitisme où il attaquait vigoureusement les thèses de Drumont.
Très lié au milieu impressionniste et particulièrement à Camille Pissarro* qu’il avait rencontré au Club de l’art social et dont il partageait l’idéal anarchiste, il écrivit de nombreux ouvrages sur la peinture, notamment sur Maximilien Luce et Pissarro, pour lesquels il rédigea également des introductions à des catalogues d’exposition, notamment l’exposition en février-mars 1930 à l’occasion du centenaire de Camille Pissarro tenue au Musée de l’Orangerie et dont il avait été à l’ initiative.

En avril 1922, écrivant à Jean Grave* pour le remercier de la note qu’il avait consacrée à son Évangile nouveau, Adolphe Tabarant se définissait ainsi : « Je n’ai cessé d’être un socialiste libertaire, antivotard, et par conséquent antipoliticien. » Il poursuivait : « Nos idées sont donc très voisines. Les politiciens du socialisme ne me l’ont jamais pardonné d’ailleurs. »
Sous le pseudonyme de L’Imagier, il rédigea la chronique artistique de L’Œuvre jusqu’en 1940.

Adolphe Tabarant décéda à Paris le 21 août 1950.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156843, notice TABARANT Adolphe, Henri, Philippe [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron. Notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 20 février 2014, dernière modification le 3 mars 2015.

Par Jean Maitron. Notice complétée par Rolf Dupuy

ŒUVRES : En dehors de nombreux écrits consacrés à des peintres, signalons : Petit catéchisme socialiste, Paris, 1893, 18 p. — Catéchisme socialiste du paysan, Paris, 1895, 16 p., ill. par Steinlen. — Socialisme et antisémitisme, Paris, 1898, 15 p. — L’Évangile nouveau, roman, Paris, 1922, 260 p.

SOURCES : État civil de La Possonnière. — Archives Grave (IFHS)— Françoise Scoffham-Peufly, Les Problèmes de l’« art social », 1890-1896, maîtrise, Vincennes, octobre 1970. — Larousse du XXe siècle (supplément)—Notice de J. Maitron in « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier… », op. cit.—Dictionnaire de l’impressionnisme et son époque (R. Laffont, 1987).- Etat civil.

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