GUÉRIN Henri, Léon [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Dominique Petit

Né le 14 juillet 1869 au Ménil-sur-Orge (Marne) . Publiciste anarchiste.

Henri Guérin, qui habitait 32 rue Gabrielle à Paris 18e, fut brièvement le gérant de la Revue Anarchiste (Paris, 8 numéros du 15 août au 1er décembre 1893) puis de La Revue Libertaire (Paris, 5 numéros du 15 décembre 1893 au 20 février 1894) qui lui fit suite. Il fut également le gérant des un ou deux derniers numéros (4 et 10 mars 1894) de La Révolte avant sa disparition le 10 mars et son remplacement par Les Temps Nouveaux (1895-1914) auquel il collabora.

Avec Henri Gauche* et Beaulieu dit Henri Beylie*, également collaborateurs de La Revue libertaire, il avait été interrogé par un juge d’instruction en janvier 1894 lors de la vague d’arrestations d’anarchistes parisiens, mais avait bénéficié d’un non-lieu comme ses camarades. Le 20 février suivant, suite aux attentats rue Saint Jacques et rue du Faubourg Saint Martin, il avait été arrêté chez le compagnon Duprat*, marchand de vin rue Ramey. Mis hors de cause, les propriétaires des deux immeubles ne l’ayant pas reconnu comme leur locataire soupçonné des attentats, il fut relâché mais ne tarda pas alors à être poursuivi en tant que gérant de La Revue libertaire et de La Révolte. Il préféra alors s’enfuir et gagna la Belgique où il s’installa 17 rue Saint Alphonse à Bruxelles ; il y fut bientôt rejoint par Gauche et Beylie.

Dès son arrivée à Bruxelles il avait été contacté par un certain Cyprien Jagolgowski au prétexte de lui remettre une somme importante destinée à La Révolte et qui lui proposa divers projets d’attentats, le rendant suspect aux yeux de Guérin. Deux jours plus tard il était expulsé de Belgique et gagnait alors, sous le nom d’Aubert, Amsterdam où Jagolgowski vint le rejoindre, apparemment contre son gré, et alla jusqu’à louer un lit dans sa propre chambre. Après le départ de Jagolgowski, qui fut ensuite impliqué dans les attentats de Liège, Guérin fut arrêté, fut pris pour ce dernier et resta 16 jours en prison avant de pouvoir prouver son identité. Il fut alors expulsé en Belgique mais, comme Gauche et Beaulieu fut mis hors de cause dans l’affaire des attentats de Liège. Il travailla alors à Anvers sous un faux nom jusqu’en mars 1895 où, suite à une amnistie, il revint à Paris et tomba malade à la suite de ce voyage de 10 jours à pied en plein hiver. Un appel fut alors lancé pour lui venir en aide financièrement et lui rendre visite.

Le 8 octobre 1916 il participa à une fête de soutien aux 360 grévistes de la Société Parisienne de confection (SPC) ; lors de cette fête organisée à la Bourse du Travail, il y eut un spectacle de chansons en français et yiddish – la majorité des grévistes étant d’origine juive – accompagné par un orchestre russe ; Guérin y fit un exposé sur l’anarchisme et 1600fr. furent collectés au profit des grévistes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156726, notice GUÉRIN Henri, Léon [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Dominique Petit, version mise en ligne le 24 février 2014, dernière modification le 14 septembre 2016.

Par Rolf Dupuy, Dominique Petit

SOURCES : Mention dans le Maitron-en-ligne — R. Bianco « Un siècle de presse… », op. cit. — Nancy Green, Les Travailleurs immigrés juifs à la belle époque, Fayard, 1985 – Le Temps, 22 février 1894 – Le Gaulois, 23 mai 1894 – Le Petit Parisien, 25 mai 1894 – Le Journal des débats, 9 mars 1895 – Le Figaro 10 mars 1895 – Le Rappel, 11 mars 1895.

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