BARBIER Jean [Joseph, {Jean}, Marie]

Par Jacques Girault

Né le 23 décembre 1892 à La Verpillière (Isère), mort le 28 janvier 1979 à Nice (Alpes-Maritimes) ; rpofesseur puis principal de collège ; militant socialiste SFIO ; député de l’Allier (mai-septembre 1936), maire de Vichy (Allier) à la Libération.

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936]

Fils d’un boulanger, Jean Barbier, demi-boursier à l’école primaire supérieure de Pin (Isère), intégra l’École normale d’instituteurs de Grenoble (Isère), promotion 1908-1911. Après avoir été instituteur à Communay, délégué à l’école primaire supérieure de Die (Drôme), il enseignait les sciences. À partir d’octobre 1913, durant son service militaire dans un régiment d’infanterie à Lyon (Rhône), il suivit des cours à la Faculté de sciences. Sergent maintenu dans l’armée au début de la guerre, fait prisonnier, le 20 août 1914 à Wildersbach (Alsace), il resta interné au camp de Bautzen (Saxe) durant tout le conflit. Rapatrié le 12 novembre 1918, il fut affecté comme sergent au bureau de démobilisation de Vienne (Isère) en janvier 1919. Démobilisé le 24 août 1919, il redevint instituteur délégué à l’EPS de Saint-Vallier (Drôme). Professeur chargé de l’économat et des enseignements de musique et de gymnastique à l’ENI de Varzy (Nièvre) de 1920 à 1925, il se maria en février 1920. Le couple eut une fille.

Depuis 1925, directeur de l’EPS de La Charité sur Loire (Nièvre), en 1929, il obtint le poste de directeur de l’EPS de Vichy de l’école primaire de 18 classes.

Membre du Syndicat national des instituteurs et de l’Association des professeurs d’EPS, lors de l’élection des représentants au Conseil départemental de l’enseignement primaire, la section départementale du SNI présenta deux syndiqués, Madame Boyer l’épouse du communiste Joseph Boyer et Barbier qui avait été, l’année précédente, partisan à la grève des jurys du certificat d’études primaires.

Jean Barbier adhéra au Parti socialiste SFIO. À partir des élections municipales de 1929, il critiqua souvent les orientations de la municipalité de droite. Entretenant de bons rapports avec les syndicats de fonctionnaires et les communistes, franc-maçon, il appartenait à la Ligue des droits de l’Homme et à la Ligue contre l’antisémitisme. Il présidait à Vichy le comité de lutte contre la guerre (Amsterdam-Pleyel) et, dans le département, la Ligue des anciens combattants pacifistes. Il figura en tête de la manifestation à Vichy, le 12 février 1934. Après des voyages d’études en Allemagne, en Italie, en Pologne, il assurait des conférences. Participant à un voyage en URSS par d’intermédiaire d’Intourist, il en rendit compte dans une réunion des Amis de l’Union soviétique, le 5 juillet 1935 à Vichy, devant 600 personnes selon la police. Les 16-17 novembre 1935, il fit partie de la délégation de l’association des anciens combattants, conduite par Camille Planche, député de l’Allier, à Londres, pour renforcer les liens de solidarité franco-britanniques.

En 1934, candidat au conseil général dans le canton de Vichy, Jean Barbier figura sur la liste socialiste aux élections municipales en 1935. Candidat SFIO aux élections législatives de 1936, dans la circonscription de Lapalisse, sur 26 886 votants et 32 639 inscrits, il obtint au premier tour de scrutin, 9 740 voix contre 8 393 à Lucien Lamoureux, ancien ministre radical-socialiste qui se retira. Élu au deuxième tour par 15 711 voix sur 23 742 votants, il démissionna de son mandat de député, le 28 septembre 1936 pour raisons personnelles (état de santé mais surtout il avait été mal accueilli à la Chambre des députés par les socialistes pour des raisons d’ordre privé). Il n’avait pas consulté les socialistes SFIO de la circonscription, ce qui causa un trouble profond dans le Parti qui perdit le siège à l’élection complémentaire qui revint à Lucien Lamoureux.

Jean Barbier retrouva son poste de directeur de l’EPS, devenue collège moderne en 1942. Au début de la guerre, son établissement hébergea les services du personnel du ministère pendant trois mois. Il entretint de bons rapports avec la municipalité mais sa vie privée suscita des critiques. À la Libération, il fut nommé maire provisoire de Vichy. Après son échec aux élections municipales et cantonales suivantes, il dirigea durant quelque temps le journal socialiste, Le Cri social, puis quitta la vie politique vers 1950.

Comprenant des sections techniques, industrielles et commerciales, un atelier école, une section classique, des classes primaires, son collège était lourd à gérer. Jean Barbier, retraité à la fin de l’année scolaire 1954-1955, se retira en 1956 dans les Alpes-Maritimes où il milita un temps au sein du Parti socialiste (SFIO).

Divorcé en 1940, remarié en mars 1941 à Vichy avec une secrétaire économe, père d’un enfant, divorcé en 1948, remarié en décembre 1952 à Vichy avec une professeur d’enseignement commercial, fille d’un sous-directeur de cercle, il divorça en 1963. Habitant le Cap d’Antibes (Alpes-Maritimes) puis Nice, il se remaria en mars 1968 à Nice.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15666, notice BARBIER Jean [Joseph, {Jean}, Marie] par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 6 novembre 2018.

Par Jacques Girault

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936]

SOURCES : Arch. Nat., F17/26472/B. — DBMOF, notice par Georges Rougeron. — JO, décrets et lois, 12 avril 1907, 20 mai 1930. — J. Joly, Dictionnaire des parlementaires français, op. cit..

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