Né le 4 décembre 1898 à Angers (Maine-et-Loire) ; ouvrier peintre ; graveur ; militant anarchiste à Paris et à Angers.

Militant anarchiste Gustave Bouvet dit Juvenis avait été élevé à Angers par ses tantes. Il fit un an de séminaire en Belgique avant de rejoindre ses parents à Paris à l’âge de treize ans. Il devint apprenti graveur puis retourna à Angers où il travailla comme ouvrier peintre en usine. Revenu à Paris en 1913, il habitait chez ses parents au 31 rue Ramponneau.
Ajourné de service militaire en 1917, 1919 et 1920, pour abcès facial, il travaillait alors 32 rue Ramponneau, à la Société générale de vannerie où son père Gustave, René (né à Angers le 29 septembre 1874) était employé comme ouvrier vannier. Dès leur formation en juin 1919, Il participa aux réunions de la Fédération des jeunesses anarchistes au 49 rue de Bretagne et, avec son père, à celles de La Bellevilloise. Le 5 mars 1920 il fut nommé secrétaire du groupe Ni Dieu ni maître des Jeunesses anarchistes où il remplaçait Havane nommé secrétaire de la Fédération anarchiste. Il collabora à la même époque au Libertaire sous le pseudonyme de Juvenis.
Il a été le gérant du n°3 de La Jeunesse anarchiste, (Bagnolet puis Paris, n° 1, 15 mars 1921 ; n° 11 et dernier 15 mars 1922), organe de la Fédération des Jeunesses anarchistes dont le secrétaire était André Leroy, et dont il assura lui même, vers 1922, le secrétariat. Il fut ensuite remplacé, lors de son incarcération, à la gérance du journal par René Barril : pour avoir reproduit un tract intitulé " Aux Jeunes soldats ", il avait été arrêté, incarcéré à la Santé et condamné le 23 juin 1921 à quatre mois de prison ; pour apposition de ce tract sur les murs de Paris il fut condamné le 30 juin à six mois supplémentaires.
Le 14 juillet 1922, G. Bouvet tira deux coups de feu en direction de la voiture du président Millerand tandis que défilait avenue des Champs-Élysées le cortège présidentiel, retour de la revue. Condamné le 8 janvier 1923 à cinq ans de travaux forcés et dix ans d’interdiction de séjour, peine qu’il accueillit aux cris de "A bas la guerre ! Vive l’anarchie !", il fut libéré en janvier 1925 (cf. Le Libertaire, 6 février 1925). Il était alors dans un état déplorable - étant paralysé d’un coté - et Le Libertaire ouvrit une souscription en sa faveur.

SOURCES : Le Libertaire, 8-15 juillet 1921 et 6 février 1925. — Notice J. Maitron, Dictionnaire biographique..., op. cit.. — La Jeunesse Anarchiste, année 1921. — R. Bianco, Un siècle de presse… , op. cit. — Libertaire, 12 janvier 1923 & 9 février 1925. — CAC Fontainebleau 1994 0494 art. 54.

Jean Maitron. Notice revue par Rolf Dupuy

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