Né le 8 mai 1863 à Saint-Rambert-l’île-Barbe (Rhône) ; ouvrier corroyeur ; anarchiste de Lyon et Montceau-les-Mines.

Vincent Berthout tira au sort au mois de février 1884 (classe 1883) où il obtint le n°140. Il demeurait alors en garni chez M. Guillermin, 101 rue Bugeaud (6e arrondissement) à Lyon.
Il appartint avec entre autres Claude Grillot et Léon Domergue au comité de rédaction de deux hebdomadaires anarchistes : l’Émeute (Lyon, 7 numéros du 9 décembre 1883 au 20 janvier 1884), et le Droit anarchique (Lyon, 3 numéros du 8 au 22 juin 1884). En quinze mois, d’avril 1883 à juin 1884, le même journal, suite aux poursuites et aux arrestations de ses différents gérants, parut sous sept titres différents : La Lutte, Le Drapeau Noir, L’Émeute, Le Défi, L’Hydre anarchiste, L’Alarme, Le Droit anarchique et sans doute Berthout fut-il de toutes les « rédactions ».
Il présida le 29 juin 1884, la réunion organisée par les anarchistes, au Casino de Vaise, avec le concours de Paule Minck et où tous les détenus politiques anarchistes furent acclamés présidents d’honneur. Il y déclara notamment : « Nous aussi anarchistes, on nous appelle des mouchards, mais le jour de la Révolution, ceux qui nous frappent par derrière aujourd’hui, nous les frapperons par devant ». Quelques jours plus tard, il quittait Lyon avec Chapuzet, dans la crainte d’être arrêtés.
Berthout lorsqu’il demeurait à Lyon, habitait 7 rue Transversale à la Villette (3e arrondissement), en garni avec une compagne dont il avait eu un enfant, placé à l’hospice de la Charité ; sa compagne était de nouveau enceinte.
Le 5 juillet 1884, il assista à une réunion semblable tenue au théâtre de la Gaité et y prit la parole, disant que les anarchistes ne demanderaient pas la grâce de Louise Michel et de Kropotkine, ceux-ci n’ayant jamais été coupables.
En septembre 1884, il était à Montceau-les-Mines où il faisait de la propagande, pour engager les ouvriers à créer des groupes d’études sociales. Il y distribuait des brochures intitulées La société au lendemain de la révolution, la Loi et l’autorité, Le Procès de Lyon. Un certain nombre de ces brochures furent remises à Brugnet. Il faisait ses distributions à domicile et se renseignait dans chaque hameau sur les maisons où il pouvait être bien accueilli. A Montceau-les-Mines, il logeait à l’auberge place de l’Eglise. Il prenait ses repas dans les cabarets fréquentés par les anarchistes où il organisait une sorte de conférence, expliquant que les ouvriers ne touchaient pas le produit de leur travail, que les exploiteurs avaient la plus grosse part, que le principal but de l’ouvrier était de détruire les capitalistes, par tous les moyens possibles. Pour recueillir les faveurs des anarchistes de Montceau-les-Mines, il racontait qu’il était recherché par la justice de Lyon pour plusieurs condamnations qu’il aurait encourues, étant secrétaire de l’Emeute. Mais il ne fut jamais secrétaire de rédaction du journal et ne fut ni condamné, ni poursuivi à ce titre.
Il fut interpellé le 20 septembre 1884, la gendarmerie trouva sur lui une lettre de sa compagne le dissuadant de s’insoumettre au service militaire.
Le 16 mars 1892, il fut délégué par la chambre syndicale des chevriers maroquiniers pour faire partie de la commission d’organisation du 1er mai à Lyon. Soupçonné de détenir des explosifs, il était surveillé par la police qui perquisitionna vainement à son domicile le 30 mars et le 30 avril 1892, veille du 1er mai. Il fut alors arrêté, mais relâché par ordonnance de non-lieu le 2 mai.
En 1895, il cessa pratiquement de militer et le 17 février de cette même année, il fut retiré de la liste n° 1 (anarchistes, dangereux à surveiller).

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, série M, dossier individuel= Notice de M. Moissonnier in « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier…, op. cit. — R. Bianco, Un siècle de presse… , op. cit.— AD Saône et Loire M 283 bis

Maurice Moissonnier. Notice complétée par Rolf Dupuy, Dominique Petit

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