OFFROY Henri, Edouard, Raoul [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Né le 6 juillet 1894 au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort à Fontevrault (Maine-et-Loire) le 1er avril 1949 ; docker ; anarchiste.

Son père, Edouard Offroy, était charpentier, sa mère, Augustine Lizé, journalière ; ils s’étaient mariés le 20 janvier 1894 au Havre.

Membre de la Jeunesse syndicaliste du Havre, Henri Offroy était qualifié dès 1912 par la police de « révolutionnaire notoire ».

Après que le congrès national anarchiste d’août 1913 eut fondé la Fédération communiste anarchiste (FCAR), il projeta, avec quelques camarades, de créer un groupe havrais affilié à la FCAR. Ce fut chose faite le 15 avril 1914. Un groupe fut mis sur pied avec Maximilien Letellier, qui entama aussitôt une campagne abstentionniste à l’occasion des élections législatives (voir Jules Loisel). Henri Offroy vivait alors au 30, rue Beauverger, dans le quartier du port, avec son père et son frère, tous deux pêcheurs.

Le 1er mai 1914, il prit la parole dans un meeting, pour rappeler l’histoire des martyrs de Chicago. Il distribuait également de la propagande néomalthusienne.

Inscrit maritime, il fut mobilisé en août 1914 au 1er dépôt des équipages de la Flotte comme matelot de 3e classe sans spécialité. Il devint matelot de seconde classe torpilleur breveté en février 1916. Il servait sur le lance-torpilles Cassini. D’octobre 1916 à mars 1917, il fut mis aux arrêts pour avoir entretenu une correspondance avec un journaliste suisse au sujet de la situation des syndicats allemands.

Il termina la guerre au port de Cherbourg et fut transféré à celui de Rochefort en janvier 1919. Le commissaire spécial de Cherbourg avertit son collègue de Rochefort qu’il était un « propagandiste révolutionnaire dangereux » qui avait contribué à créer à Cherbourg le « Groupe d’études sociales » dont il était le secrétaire et le principal conférencier avec Maurice Hyan. Il était en relation avec nombre de militants révolutionnaires ou libertaires et notamment avec le fils de Raymond Péricat.

Néanmoins, il obtint le certificat de bonne conduite quand il fut renvoyé dans ses foyers le 12 septembre 1919.

Il revint au Havre où il participa au Groupe libertaire refondé, dont Alfred Thébault était le secrétaire. Offroy recruta alors un groupe au sein de la Jeunesse syndicaliste, notamment en distribuant un tract intitulé « Qu’est-ce qu’un anarchiste ? » Ce groupe fut exclu de la JS par le secrétaire (majoritaire) de l’UD, Jules Leroux, mais fut « couvert » par le Syndicat des métaux du Havre (voir Louis Legrain).

Aux législatives de décembre 1919, Offroy fut candidat abstentionniste avec Raymond Lachèvre.

En janvier 1920, avec Louis Legrain, il prit la parole dans un meeting en faveur de la Révolution russe et de l’amnistie des mutins et pacifistes. En avril, il était le principal animateur du Groupe libertaire du Havre, affilié à la Fédération anarchiste. Le groupe comptait alors une quinzaine de membres dont Raymond Lachèvre, Henri Lemonnier, Baudoin*, [Jean Le Gall-156572] et Jules Goirand. En septembre, Offroy était en outre secrétaire de la section havraise de l’Association républicaine des anciens combattants.

Il se maria au Havre le 20 août 1920 avec Isabelle Grenier.

De juin à octobre 1922, Le Havre fut secoué par une formidable grève des métaux, qui en août gagna toutes les corporations (voir Henri Quesnel). Le 26 août, la troupe chargea une foule de grévistes, faisant 4 morts. S’ensuivit une nuit d’émeutes et, dans les jours suivants, une trentaine de « meneurs » furent incarcérés. Offroy en faisait partie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156599, notice OFFROY Henri, Edouard, Raoul [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 24 février 2014, dernière modification le 6 juillet 2018.

Par Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. Dép. Charente-Martime, M SUP 479/15. — Le Libertaire, année 1919. — Groupe Jules-Durand, Histoire méconnue et oubliée du syndicalisme havrais 1907-1939, Éditions du libertaire, 1996. — John Barzman, Dockers, Métallos, Ménagères. Mouvements sociaux et cultures militantes au Havre 1912-1913, PURH, 1997. — Notes d’Alain Dalançon.

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