MOULIN Laurent [Dictionnaire des anarchistes]

Par Yves Lequin, notice complétée par Guillaume Davranche

Né en 1885 ; ouvrier métallurgiste ; anarchiste et syndicaliste.

Après avoir appartenu au Parti socialiste de 1906 à 1908, Laurent Moulin devint, en 1909, secrétaire du syndicat CGT des métaux du Chambon-Feugerolles (Loire). Comme tel, il joua un rôle important au comité de grève pendant le long conflit des boulonniers, de décembre 1909 à avril 1910. La même année, il participa à la fondation d’un groupe libertaire local, aux côtés de Jean-Marie Tyr*.

Il renonça à ses fonctions au début de 1911 et, en juillet, partit travailler comme ajusteur dans une usine d’Ivry-sur-Seine (Seine). Son absence semble avoir été de courte durée puisque, peu après, il était inquiété à la suite des attentats qui marquèrent le lock-out général de la métallurgie au Chambon-Feugerolles. Il reprit alors ses fonctions de secrétaire du syndicat et les assura pendant toute l’année 1912.

Installé à Saint-Étienne en 1913, il fut, aux côtés de Benoît Liothier* et de Philippe Goy*, un des animateurs Comité de défense social (CDS) stéphanois, fondé en avril, ainsi que du groupe des Jeunesses syndicalistes, qui comptait une cinquantaine de membres. La lutte contre les menaces de guerre et contre la loi de trois ans structurèrent alors leur activité.

Durant l’été 1913, le groupe stéphanois des Jeunesses syndicalistes devint un groupe pleinement anarchiste, le Foyer populaire de Saint-Étienne. Moulin fut un membre actif du groupe, dont Benoît Liothier* était le secrétaire, et qui tenait ses réunions au café Ferriol, sur le cours Victor-Hugo.

En 1916, il était opposant à la guerre et à l’union sacrée. En 1919, il quitta la France pour l’Algérie d’où il revint en 1961.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156593, notice MOULIN Laurent [Dictionnaire des anarchistes] par Yves Lequin, notice complétée par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 24 février 2014, dernière modification le 18 mars 2014.

Par Yves Lequin, notice complétée par Guillaume Davranche

ŒUVRE : Regards sur une vie, 257 p., notes autobiographiques inédites utilisées par Jean-Paul Martin, op. cit.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053 — Arch. Dép. Loire, 19 M 30 — Petrus Faure, Le Chambon rouge, Histoire des organisations ouvrières et des grèves au Chambon-Feugerolles, Le Chambon, 1940. — Jean-Paul Martin, « Le Syndicalisme révolutionnaire chez les métallurgistes de l’Ondaine, 1906-1914 », mémoire de maîtrise, université de Saint-Étienne, s. d. (1970 ?).

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