LE GUILLERMIC Victor, Marie [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche

Né le 30 avril 1885 au Havre (Seine-Inférieure), mort le 23 décembre 1971 à La Remuée (Seine-Maritime) ; charpentier en navires ; anarcho-syndicaliste.

Fils d’un journalier, Victor Le Guillermic, marié au Havre en 1909 (il devait se remarier en 1917 à Amiens), fut mobilisé durant la Grande Guerre, puis placé en sursis d’appel et affecté spécial au Havre courant 1915.

Après la reconstitution du syndicat des Métaux en août 1916, il fut un des animateurs de la minorité révolutionnaire. En janvier 1918, celle-ci parvint à reconquérir la majorité du syndicat et lança une campagne d’agitation revendicative, mêlée de solidarité avec la Révolution russe (voir Louis Legrain). Dans ce cadre, Victor Le Guillermic organisa ainsi une assemblée à la fonderie Le Nickel.

Durant la vague de grèves nationales de mai 1920, il fut emprisonné quelque temps pour « entrave à la liberté du travail ».

Adhérent de l’Association républicaine des anciens combattants (Arac), il fut également brièvement membre du PCF dès 1921. En 1922, il était correspondant de La Vie ouvrière.

De juin à octobre 1922, Le Havre fut secoué par une formidable grève des métaux, qui en août gagna toutes les corporations (voir Henri Quesnel). Le 26 août, la troupe chargea une foule de grévistes, faisant 4 morts. S’ensuivit une nuit d’émeutes et, dans les jours suivants, une trentaine de « meneurs » furent incarcérés. Le Guillermic en faisait partie.

Quand, le 3 juin 1923, Henri Quesnel démissionna du poste de secrétaire des Métaux du Havre, Le Guillermic le remplaça. De tendance anarcho-syndicaliste, il dut lutter contre la tendance pro-Monmousseau*, dirigée par les frères Gautier et André Le Gall. Mis en minorité dans son syndicat, il devait démissionner en 1924.
Il quitta le PCF à la fin de 1923 et soutint, avec Jean Le Gall*, la lutte contre les communistes au sein de l’Union des syndicats du Havre (USH).

Le 12 octobre 1925, Victor Le Guillermic fut congédié des Chantiers de la Méditerranée pour propagande syndicale, en dépit d’une grève de solidarité d’une partie des ouvriers de l’usine. Il devint alors docker et s’inscrivit au Syndicat général des ouvriers du port (SGOP), qui à cette date avait pris son autonomie de la CGTU, tout en restant adhérent à l’USH.

L’USH était alors un des ultimes bastions anarcho-syndicalistes au sein de la CGTU. Quand, en avril 1926, les communistes constituèrent une union locale unitaire, loyale à la direction confédérale, l’USH passa à son tour à l’autonomie. Jusqu’en 1935, Le Havre devait donc voir cohabiter trois unions locales : les petites UL CGT et CGTU, et la principale, l’USH autonome, qui conserva les locaux historiques, l’imprimerie et le journal Vérités.

Plusieurs fois candidat lors des élections syndicales, Victor Le Guillermic entra à la commission administrative de l’USH en avril 1935, au moment de la réunification syndicale et devint jusqu’à la guerre le gérant de Vérités.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156573, notice LE GUILLERMIC Victor, Marie [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 24 février 2014, dernière modification le 28 août 2018.

Par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche

SOURCES : État civil du Havre — Arch. Nat. F7/13519, rapport du 11 décembre 1917 — AD Seine-Inférieure, 10 MP 1410 bis et Sûreté générale, rapports sur les dockers du Havre — Vérités, 1933-1939 — John Barzman, Dockers, métallos, ménagères. Mouvements sociaux et cultures militantes au Havre, 1912-1923, PURH, 1997 —Groupe libertaire Jules Durand, Histoire méconnue et oubliée du syndicalisme havrais 1907-1939, Éd. du Libertaire, 1997.

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