Né à Toulon (Var) le 16 octobre 1891, mort à Toulon le 10 février 1957 ; camelot ; anarchiste.

Fils d’un boulanger d’origine italienne, Baptistin Gamba avait eu, avant 1914, des difficultés avec la loi, selon la police. En mai 1914, il habitait Port-de-Bouc et était adhérent individuel à la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire (FCAR).
Après la guerre, il se maria à Toulon en mai 1920 et fut père de deux enfants. Habitant le quartier Siblas, il était camelot. En 1922, il participa à la refondation du groupe de la Jeunesse libre (voir Antoine Bertrand), qui s’affilia à l’Union anarchiste (UA).
Le 14 août, le groupe toulonnais de l’UA adhéra au Comité pour l’amnistie intégrale dont Antoine Bertrand était secrétaire général.
Gamba allait souvent porter la contradiction dans les meetings communistes. Le 27 mars 1923, il convoqua une réunion de forains à la bourse du travail pour fonder un syndicat affilié à la CGTU dont il fut le secrétaire. Dans les débats de la CGTU, il se prononça en septembre 1923 pour la motion Lartigue de défense de l’indépendance syndicale.
À la fin décembre 1925, trésorier provisoire du comité d’action contre la vie chère, il était membre de la commission de la CGTU pour l’élaboration de l’indice du coût de la vie.
Il fut ensuite le secrétaire du Comité Sacco-Vanzetti de Toulon et présida la plupart des meetings pour la défense des deux anarchistes menacés de mort. Correspondant du Libertaire, il était également secrétaire du groupe de l’Idée libre.
Pour le convaincre de la grandeur de l’URSS, la CGTU du Var le désigna en 1927 pour aller à Moscou aux manifestations du 10e anniversaire de la Révolution. Parti de Toulon le 26 octobre, il écrivit peu après : « Je suis arrivé ici avec le doute, je dirai presque avec une certaine hostilité envers le communisme. Maintenant que j’ai vu, je suis convaincu » (lettre lue par Durand le 2 novembre).
Il fit de nombreux comptes rendus de son voyage, dont le 26 décembre 1927 à Toulon et le 28 février 1928 à La Seyne. Malgré tout, Gamba amorça un rapprochement avec le PCF. Il fut bientôt un des créateurs du comité toulonnais des Amis de l’Union soviétique et en assura le secrétariat.
En janvier 1930, il était membre de la commission exécutive de l’union régionale CGTU et militant au PCF. Pour la suite de son itinéraire, consulter le Maitron-en-ligne.

SOURCES : Arch. AVER — Arch. Nat. F7/13021, 13 085, 13 164. — Arch. Dép. Var, 4 M 46 ; 4 M 59.2 ; 4 M 59.4.1 ; 7 M 12.2 ; 3 Z.2.5 ; 3 Z.3.40 ; 3 Z.4.21 ; 3 Z 4.29 ; 3 Z.7.6. — Presse locale. —
SOURCES orales. — Renseignements fournis par J.-M. Guillon.

Jacques Girault, complété par Rolf Dupuy

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