ELOSU Fernand (ou De ELOSU) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron. Notice complétée par Marianne Enckell

Né le 28 mai 1875 à Bordeaux (Gironde), mort en 1941 à Bayonne (Basses-Pyrénées). Médecin, anarchiste néo-malthusien.

Né de père inconnu et de Rosa Antonia de Élosu, personnalité marquante, à la fois pittoresque et respectée ; d’une compétence professionnelle réputée, propagandiste de théories d’avant-garde (union libre, maternité volontaire) et adversaire des fléaux sociaux (alcoolisme) ; d’une grande générosité de cœur, d’un courage moral et physique exemplaires selon de nombreux témoignages directs, le docteur Élosu fut, quelques années avant la Première Guerre mondiale, l’animateur d’un groupe de tendances libertaires. Il se refusa toujours à être candidat à des élections, même municipales, mais il lui arriva de patronner des candidatures socialistes.

Le 13 octobre 1909, il participa au meeting de protestation contre l’assassinat de Francisco Ferrer. L’année suivante, il accepta la présidence de la section de Bayonne de la Ligue des droits de l’Homme. Il refusa l’union sacrée durant la Première Guerre mondiale (cf. lettre de Rosmer à Monatte, 17 janvier 1916, non publiée) et collabora à Ce qu’il faut dire (1916-1917) de Sébastien Faure. Après la guerre, il écrivit dans la Revue anarchiste dont le n° 1 parut le 28 janvier 1922.
Il collabora à l’Encyclopédie anarchiste de S. Faure, rédigeant en particulier les articles « Tolstoïsme », « Évolution », « Violence ». Critiquant le livre de Georges Sorel, Réflexions sur la violence, il déclarait : « L’erreur initiale de la pensée sorelienne réside dans une conception puérile, fausse, banale, bourgeoise de la révolution prolétarienne [...] La lutte libératrice a lieu non dans la rue, mais dans les consciences, entre les conceptions mensongères, sanguinaires, obscures du passé et les espoirs sincères, doux et radieux du présent. La Révolution n’est pas une idée qui a trouvé des baïonnettes ; c’est une idée qui a brisé les baïonnettes. »

En 1935, il figurait encore sur la liste des anarchistes du département, pour faire partie du groupe Etudes philosophiques et sociales de Bayonne, et présidait souvent des réunions publiques. Président des Amis de l’URSS de Bayonne, il fut condamné en 1940 ainsi qu’Étienne Cazaux qu’il se serait offert à remplacer en prison. Toujours est-il que le docteur Élosu fut atteint d’une pneumonie et mourut.

Fernand Élosu s’était marié le 13 septembre 1900 à Bayonne avec Peyroutet Thérèse.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156538, notice ELOSU Fernand (ou De ELOSU) [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron. Notice complétée par Marianne Enckell, version mise en ligne le 3 mars 2014, dernière modification le 9 décembre 2018.

Par Jean Maitron. Notice complétée par Marianne Enckell

ŒUVRE : Amour infécond, limitation raisonnée des naissances, Bayonne et Biarritz, 1908, in-16, 43 p., Bibl. Nat. 8° Tb 71/266. — Le Poison maudit, brochure de propagande antialcoolique publiée en 1917 (rééd. Brochure mensuelle 90, 1930).

SOURCES : Arch. Dép. Basses-Pyrénées, série M, dossier « Antimilitarisme » : état nominatif des antimilitaristes (le sous-préfet de Bayonne au préfet, 21 octobre 1907) et dossier « 1er Mai ». — Le Libertaire, 15 mars 1945. — Notice DBMOF. — CAC Fontainebleau 20010216 art 171, 5878 m.

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