CAUVIN Henri, Mathieu

Par René Bianco, Antoine Olivesi notice complétée par Rolf Dupuy et Thierry Bertrand

Né le 7 juillet 1892 à Marseille ; anarchiste et syndicaliste.

Frère cadet de Gustave Cauvin, Henri fréquenta les milieux révolutionnaires dès l’âge de 14 ans. Après la mort de son père, Mathieu, Augustin (maçon), le 6 juin 1907, il quitta l’école Victor-Hugo et entra en apprentissage. Sa mère s’appelait Guichard Béatrice, Marie.
En 1908 il adhéra au syndicat des hommes de peine ; il représenta le syndicat des manœuvres et aides maçons de Marseille, fondé le 17 février 1900, au sein de l’Union des chambres syndicales ouvrières (UCSO) des Bouches-du-Rhône. Assidu de la bourse du travail, il fut membre, entre 1909 et 1911, du groupe Les Fous, composé de jeunes anarchistes dont Astier, Caroline Amblard, Giacometti et Malaval, et qui se réunissait au 9, quai de la Fraternité. Il lui arrivait d’écrire des articles dans le journal L’Ouvrier syndiqué.
Il fut à cette époque soupçonné – à juste titre selon son propre témoignage – d’avoir commis des actes de sabotage, et en particulier de celui des fils télégraphiques de la ligne PLM à Saint-André lors de la grève des PTT de 1909.
En 1912, il était membre de la Jeunesse syndicaliste révolutionnaire et participait aux activités du Comité de défense sociale. Il était alors journalier.
A cette même époque il était exempté du service militaire pour épilepsie. Mais le 26 novembre 1914 il était incorporé au 112ème régiment d’infanterie pour partir aux armées le 6 février 1915. Il fut blessé à deux reprises au moins, ce qui lui valut une évacuation à chaque fois (en juin 1915 et en juin 1916). Il finit la guerre au 8ème bataillon des tirailleurs marocains. Pour une raison inconnue il fut évacué puis mis en congé illimité de démobilisation le 24 août 1919. Il fut par la suite décoré.
En 1919 il quitta Marseille pour se rendre pendant près d’un an au Havre puis revint à Marseille en 1920. En 1922 il habitait Nice où il était gérant d’un commerce.
Selon Le Libertaire, il était en 1922 le correspondant de la fédération anarchiste du Sud-Est en Haute-Savoie, et son trésorier.
Il ne revint à Marseille que quelques jours avant la Seconde Guerre mondiale car il était rappelé au 158ème RIR. Il fut réformé le 1er décembre 1939 pour de multiples problèmes articulaires.
Après guerre, Henri Cauvin travailla à Paris puis à Marseille dans la police économique. Bien plus tard, il déclarait avoir détruit en novembre 1942, avant l’entrée de la Wehrmacht à Marseille, le Carnet B de cette ville et d’autres dossiers de militants révolutionnaires.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156517, notice CAUVIN Henri, Mathieu par René Bianco, Antoine Olivesi notice complétée par Rolf Dupuy et Thierry Bertrand, version mise en ligne le 25 février 2014, dernière modification le 29 décembre 2018.

Par René Bianco, Antoine Olivesi notice complétée par Rolf Dupuy et Thierry Bertrand

SOURCES : Arch. Dép. Bouches du Rhône, 1R1358, M6/3355, 3404, 3412, 3851, 3852, 3860 (rapports des 1er juin 1910, 22 juillet 1910 et 7 avril 1912), 4478 4689 B, (rapports des 18 janvier 1910 et 24 décembre 1912). 10810 et II M3/46 et 47. — Le Libertaire de l’année 1922 — Témoignage d’Henri Cauvin in René Bianco, « Le Mouvement anarchiste à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône de 1880 à 1914 », Thèse de IIIe cycle, université d’Aix-en-Provence, 1977. — L’Ouvrier syndiqué, organe officiel de l’Union des chambres syndicales ouvrières des Bouches-du-Rhône et de la Bourse du travail de Marseille (BNF, Gallica). — Notes de Louis Botella.

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