BOUCHÉ Maurice, Arthur [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 14 juin 1877 à Nouzon (Ardennes) ; camelot ; anarchiste illégaliste.

Bouché avait été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour vol par la 8e chambre correctionnelle de Paris, le 16 mars 1904.

Lors de l’arrestation à Liège d’Auguste Lambin*, qui fut condamné à mort pour sa participation à deux attentats mortels, la police découvrit qu’il était entré en Belgique avec des papiers au nom de Bouché. La police fit une perquisition chez ce dernier, 147 rue de Crimée à Paris, le 27 mai 1904. Sur place ils ne trouvèrent que sa maîtresse Maria Lambin (prénom donné par le Petit Parisien mais il s’agit peut-être de Céline Lambin*, sœur d’Auguste). La police découvrit dans l’appartement ce qu’elle prit pour un attirail de cambrioleurs et des objets de provenance douteuse. Bouché fut arrêté peu après et écroué sous l’inculpation de vol. Il bénéficia fin juin d’une ordonnance de non lieu.

Il fut compromis en 1906 à Paris dans plusieurs affaires de détention d’explosifs.
Revenu à Charleville fin 1906, il fut un des coopérateurs de Fortuné Henry pour la fondation de la colonie anarchiste d’Aiglemont.

Il fut soupçonné de participation à un vol commis par deux de ses amis, Thiry et Paret, le 7 juin 1908, mais l’instruction ne put rien démontrer, Bouché avait quitté Charleville sans laisser d’adresse l’avant-veille du vol, accompagné de sa maîtresse Louise Druart. Durant son séjour à Charleville, il travaillait tantôt comme ébarbeur chez Dérué, tantôt comme camelot, vendant des cartes postales de femmes nues dont il avait laissé un lot chez Gualbert* à Nouzon. La justice le soupçonna aussi d’avoir commis un vol en juin 1908, à Bélair, quartier de Charleville chez son oncle M. Delmont qui l’avait hébergé.

Il fut l’ami de Paul Paillette* qui lui dédia le poème "Naturiens" paru dans Par-delà la mêlée à la mi-mai 1917.

Rirette Maîtrejean évoqua une anecdote dans ses Souvenirs d’anarchie qui concernait vraisemblablement Paillette et Bouché. Paillette n’ayant pas mangé à sa faim, Bouché envoya son chien voler un poulet à l’étalage d’un commerçant. Celui-ci se mit à courir après l’animal. Bouché en profita pour voler un deuxième poulet et en mit un troisième dans les mains de Paillette. Sans oublier deux bottes de cresson : "mon chien ne les aime pas", confia Bouché au poète.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156509, notice BOUCHÉ Maurice, Arthur [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 25 février 2014, dernière modification le 19 février 2019.

Par Dominique Petit

SOURCES : 3 U 2385 Arc. Dép. Ardennes — Le Petit Parisien, 28 mai 1904, Le Matin, 1er juillet 1904, Gallica — Rirette Maîtrejean, Souvenirs d’anarchie, Quimperlé, La Digitale, 1988, p. 17

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