ROCCA Jean [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Né le 15 août 1851 à Althen-les-Paluds (Vaucluse) ; terrassier puis marchand des 4 saisons ; anarchiste de Lyon.

Jean Rocca fut pressenti pour être gérant du journal La Lutte sociale (août 1886-octobre 1886), poste qu’il n’occupa peut-être pas.

Le 8 février 1887, deux bombes firent explosion au palais de Justice de Lyon, blessant un commissaire et sept agents de police. Quinze anarchistes furent perquisitionnés dont Rocca. Toutefois, l’enquête n’aboutit pas.

Ensuite, Rocca sembla disparaître du paysage militant lyonnais durant quelques années, jusqu’en 1891, où il fut membre du groupe de la Guillotière et des Brotteaux.

Le 26 décembre 1891, il participa, aux Brotteaux, à la constitution d’un groupe de la « Jeunesse antipatriote », puis, deux mois plus tard, à celle du groupe antiparlementaire « les ennemis de toutes candidatures », le plus important groupe anarchiste d’alors, groupant les militants de la Guillotière et des Brotteaux.
Il fut perquisitionné le 30 mars 1892 en même temps que 38 autres anarchistes lyonnais, puis impliqué dans une poursuite pour association de malfaiteurs en avril-mai 1892. il était en fuite lors de la grande rafle du 22 avril qui conduisit à 29 arrestations et lors de celle du 30 avril (6 nouvelles arrestations et 9 fuyards dont Rocca).

Peu après les attentats de la rue des Bons-Enfants et du bouillon Duval, des perquisitions furent ordonnées le 20 novembre 1893 au domicile de 102 militants lyonnais. Quelques journaux furent saisis chez Rocca. De nouveau perquisitionné le 1er janvier 1894, il fut laissé en liberté.

Devenu marchand des quatre-saisons, il subit de nombreuses contraventions pour ventes sans autorisation qu’il ne payait jamais. Condamné en simple police à subir la contrainte par corps, il se vit infliger une peine de prison en décembre 1893.

Rocca se manifesta contre une participation des anarchistes au 1er mai 1894.

À la suite de l’attentat de Caserio* contre le président de la République, il fut arrêté.

En mars 1901, il figura parmi les membres fondateurs du groupe L’idée nouvelle qui tint ses réunions au café de l’Isère, 26 rue Paul Bert. Le groupe poursuivait un but d’instruction et d’éducation sociale.

Le 7 mars 1901, un grand meeting organisé par la Jeunesse antisémite et nationaliste de Lyon fut l’occasion d’échauffourées. Une cinquantaine de militants anarchistes aidés de quelques étudiants socialistes prirent d’assaut la tribune et parvinrent à s’en rendre maître. La bagarre générale qui prit corps se termina par l’évacuation des nationalistes. Rocca était de l’expédition.

Toujours en 1901, il fut assidu aux réunions du groupe Germinal et à celui de la Coopération des idées du 2e arrondissement (groupe ouvert aux socialistes de toutes tendances).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156471, notice ROCCA Jean [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 25 février 2014, dernière modification le 19 mars 2014.

Par Laurent Gallet

SOURCES : A.D.Rhône 4M256, 4M306, 4M309, 4M311, 4M312, 4M315, 4M321, 10M372.

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