RATGRIS Adrienne [dite Vibert, dite Roulet] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Née vers 1885, couturière, anarchiste, syndicaliste et pacifiste.

Mariée à un aide-pharmacien, Adrienne Ratgris était couturière à Lyon (Rhône) quand survint l’affaire Couriau, au printemps 1913. Le syndicat des typographes lyonnais avait refusé de syndiquer une femme, Emma Couriau, et exclu son mari Louis, coupable d’avoir laissé sa femme travailler comme typote.

Suite à la polémique suscitée par cette affaire, l’Union des syndicats du Rhône (USR) – dont le secrétaire, Francis Million, était lui-même un typographe et jugeait sévèrement l’attitude de ses collègues – créa une Ligue féminine d’action syndicale. Adrienne Ratgris, qui s’était déjà distinguée dans la lutte contre le travail à domicile, en fut la secrétaire. Ses statuts indiquaient que la ligue fonctionnait dans le cadre de l’USR, et qu’elle était composée de militantes issues des syndicats féminins ou mixtes du département. Un Comité féminin d’éducation syndicale fut également formé en son sein. Tous ses frais, notamment les tournées de propagande, étaient pris en charge par l’USR. La ligue se fixait pour but de « créer des syndicats dans les corporations où il n’en existe pas encore et de recruter des adhérents pour les syndicats déjà constitués ».

Adrienne Ratgris publia, dans La Voix du peuple du 27 avril 1914, un article intitulé « L’action syndicale chez les femmes » qui exposait les objectifs de la Ligue.

En 1914-1918, elle joua un rôle décisif, avec Henri Bécirard*, nouveau secrétaire de l’USR, pour amener l’union à une position pacifiste. Elle engagea également la Ligue féminine d’action syndicale dans la résistance à la guerre.

Avec Bécirard, elle fut déléguée à la conférence des unions et fédérations de la CGT qui se tint le 15 août 1915 à Paris. Elle voulut y lire un manifeste pacifiste de la Ligue, mais en fut empêchée sous le prétexte qu’il ne s’agissait pas d’une organisation régulièrement confédérée.

À son retour, elle anima le 20 août une assemblée d’une cinquantaine d’adhérentes de la Ligue, et prêcha une action pour le relèvement des salaires dans la confection, et pour la paix. Adrienne Ratgris habitait alors 4, rue de Marseille, à Lyon 7e.

Le 14 octobre 1915, l’USR vota l’admission en son sein du syndicat de la confection pour dames, dont la secrétaire était Adrienne Ratgris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156469, notice RATGRIS Adrienne [dite Vibert, dite Roulet] [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 25 février 2014, dernière modification le 20 mars 2014.

Par Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. Nat. F7/13613 — La Voix du peuple du 27 avril 1914 — Madeleine Guilbert, Les Femmes et l’organisation syndicale avant 1914, CNRS, 1966 — Slava Liszek, Marie Guillot, de l’émancipation des femmes à celle du syndicalisme, L’Harmattan, 1993.

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