MAZOYER Claude [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Cordonnier ; né à Chapaize (Saône et Loire) le 7 avril 1852 ; anarchiste de Lyon.

En 1883, Mazoyer appartint à une commission chargée d’organiser des conférences dans la région lyonnaise.

En décembre 1885 et janvier 1886, il fut suspecté d’avoir affiché un grand nombre de placards intitulés « Appel des anarchistes à leurs frères de misère ».
Le 21 mai 1886 un nouveau groupe se réunit chez Mazoyer : l’Union anarchique, qui sembla avoir vécu jusqu’en juillet.

Le 8 février 1887, deux bombes firent explosion au palais de Justice blessant un commissaire et sept agents de police. 15 anarchistes furent perquisitionnés dont Mazoyer. Toutefois, l’enquête n’aboutit pas et Mazoyer ne fut pas arrêté.
Il fut condamné en 1890 à 15 francs d’amende pour défaut de constitution de bureau lors d’une réunion publique tenue salle Rivoire le 29 septembre.

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1890, des placards intitulés « aux conscrits » furent apposées sur les murs de Lyon, puis ils furent distribués lors d’une réunion le 31 octobre suivant. Mazoyer fut accusé, en compagnie d’Octave Jahn* et de Paul Bernard*, « de provocations au meurtre adressées à des militaires dans le but de les détourner de leurs devoirs et de l’obéissance qu’ils doivent à leurs chef ». Une perquisition opérée à son domicile permit de découvrir plusieurs liasses de journaux, brochures et affiches mais aucun exemplaire du placard litigieux. En conséquence, les charges furent abandonnées contre lui.

En 1891, le groupe anarchiste de la Guillotière se réunissaitt chez Mazoyer. Suite aux accusations lancées par la concubine de l’anarchiste Nicolas Dhême, une perquisition fut, le 6 avril 1891, autorisée chez Mazoyer dans le but d’y trouver des explosifs. Seuls, des journaux furent découverts.

Début 1892, il fit partie du groupe antiparlementaire « les ennemis de toutes candidatures », le plus important groupe anarchiste d’alors, groupant les militants de la Guillotière et des Brotteaux. Perquisitionné le 30 mars 1892 en même temps que 38 autres anarchistes lyonnais, il fut impliqué dans une poursuite pour association de malfaiteurs en avril-mai 1892. En conséquence, il fut arrêté lors de la grande rafle du 22 avril qui conduisit à 29 arrestations en prévision du premier mai et du procès de Ravachol* tous deux approchants. Il fut néanmoins libéré le 7 mai suivant.

À l’été 1893, il participa à la fondation du journal L’Insurgé.

Peu après les attentats de la rue des Bons-Enfants et du bouillon Duval, des perquisitions furent ordonnées le 20 novembre 1893 au domicile de 102 militants lyonnais. Du courrier seul fut saisi chez Mazoyer. Il fut de nouveau perquisitionné le 1er janvier 1894, puis le 6 juillet suivant. Arrêté la première fois, avec 26 compagnons, il fut libéré le 14 janvier. Six mois plus tard, il fut laissé libre.
À l’occasion du procès Caserio*, Mazoyer fut inscrit sur une liste d’anarchistes à surveiller tout particulièrement.

Il fut le dépositaire des journaux Le Père peinard et Les Temps nouveaux en 1897 et se déclara hostile à la manifestation du 1er mai cette même année.

En 1898, il fut candidat abstentionniste dans la 7ème circonscription de Lyon.

Un Mazoyer figure sur le fichier des communards de Lyon. Nous ignorons s’il y a identité.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156448, notice MAZOYER Claude [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 4 mars 2014, dernière modification le 6 mars 2014.

Par Laurent Gallet

SOURCES : A.D.Rhône 4M305, 4M306, 4M309, 4M310, 4M311, 4M312, 4M315, 4M316, 4M318, 4M321, 10M354, 10M372, 2U566.

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