BARBERET Jean, Louis

Par Jacques Girault, Robert Hirsch

Né le 4 mars 1919 à Saint-Maurice (Seine, Val-de-Marne), mort le 16 avril 1998 à Férolles-Attilly (Seine-et-Marne) ; instituteur ; secrétaire de la FEN-CGT (1948-1954) et militant communiste ; maire-adjoint de Pontault-Combault (Seine-et-Marne) de 1977 à 1983.

Fils d’un forgeron devenu directeur technique d’une petite usine de literie et d’une vendeuse-caissière, devenue comptable, membre du Parti communiste français (PCF) après 1945, Jean Barberet, ne reçut aucun sacrement religieux. Après des études au cours complémentaire de Charenton-le-Pont (Seine, Val-de-Marne), il entra à l’École normale d’instituteurs de la rue Molitor en 1937. Il effectua son service militaire dans un régiment de cavalerie (novembre 1939-octobre 1942). Membre de Syndicat national des instituteurs (SNI) depuis 1937-1938, il disait qu’il était alors « anticommuniste » dans le questionnaire biographique rempli pour le PCF en 1949. Il condamna le pacte germano-soviétique. Pendant la guerre, selon son témoignage de 1959, dans le Doubs, il fut directeur d’un centre d’enfants évacués qui devint un dépôt d’armes et une infirmerie qui hébergea des résistants.

Jean Barberet reprit son poste parisien à la Libération. Il adhéra au PCF en janvier 1946. Secrétaire de la commission des jeunes du syndicat de l’enseignement de la Seine en 1947, il devint conseiller syndical de la section départementale du SNI en février 1948. Souvent porte-parole de la tendance "unitaire", il y intervint sur les questions internes et sur les jeunes (normaliens notamment). Ainsi au congrès de la FEN, le 15 mai 1947, dans son intervention, il demandait la création d’une commission nationale de jeunes. Dans les débats internes au syndicalisme enseignant, il se montra très favorable à un maintien dans la CGT et dès le passage de la FEN et du SNI dans l’autonomie, il fut l’un des organisateurs de la FEN-CGT tout en restant adhérent du SNI. Il devint alors le secrétaire général permanent de la FEN-CGT, responsabilité qu’il assumait aussi dans la section départementale de la Seine de la FEN-CGT. Sur le plan national, il était chargé de l’organisation.

Jean Barberet signa la circulaire “Unité et Action“, le 14 décembre 1948 pour la réunion du groupe “Unité et Action“ qui devait préparer le travail dans la section départementale du SNI. En tête de la liste "Unité et Action" aux élections suivantes en novembre 1949, il arriva en première position. Il intervint moins à partir de cette date et fut même absent parfois pour les votes. Aussi pour le congrès national de 1950, les "majoritaires" du conseil syndical refusèrent-ils de le déléguer à cause de son rôle dans la FEN-CGT. Les unitaires protestèrent et saisirent la direction du SNI. Il ne fut pas candidat au conseil syndical en 1952.

Jean Barberet se maria en avril 1943 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne) avec Marcelle Dehaye, institutrice membre du PCF. Le couple eut deux enfants.
Jean Barberet enseignait à l’école de garçons de la rue Turgot (IXeme arrondissement) et habitait Saint-Maur-des-Fossés avec sa femme, responsable locale du SNI à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) où elle exerçait. Responsable à Saint-Maur du Cartel d’action laïque, il adhérait aussi en 1949 à l’association France-URSS.

Jean Barberet participait à de nombreuses réunions en province. Il en rendait compte dans la presse syndicale. Le plus souvent, il montrait que les militants de la FEN-CGT pouvaient entraîner ceux du SNI dans des luttes pour la paix, contre le réarmement allemand ou sur des points plus revendicatifs. Lors de la réunion du conseil d’administration de L’action syndicaliste universitaire, le 22 novembre 1950, il en devint un des deux responsables.

La candidature de Barberet à l’école centrale du Parti communiste en mai 1949 ne fut pas ratifiée par le secrétariat du parti. Il fut délégué pour participer à la conférence internationale de l’enseignement à Vienne (Autriche) du 21 au 25 juillet 1953. Il participa à de nombreuses réunions de la direction du parti quand furent à l’ordre du jour les questions de la tactique à adopter vis-à-vis du syndicalisme des instituteurs à la fin de 1953. Quand la décision du bureau politique fut annoncée en janvier 1954 d’inviter les instituteurs communistes à quitter la FEN-CGT pour ne militer qu’au SNI, il exprima de fortes réserves devant une mesure qu’il estimait « administrative », se montrant toujours partisan de la double appartenance. Le 15 septembre 1955, le secrétariat du parti chargea André Pierrard, directeur de L’École et la Nation, d’enquêter sur son attitude afin de statuer sur son maintien dans le comité de rédaction de la revue.

Reprenant un service d’instituteur, Jean Barberet se tourna vers la vie culturelle et associative à Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne) puis il s’investit dans le militantisme pédagogique. Il s’installa avec son épouse à Noisy-le-Sec (Seine, Seine-Saint-Denis).

Par la suite, dans les débats internes du SNI, Jean Barberet se prononçait pour les listes du futur courant “Unité et Action“. Mais il se consacrait surtout à l’école expérimentale qu’il dirigeait rue Le Vau à Paris dans le XXe arrondissement. Membre du Groupe français d’éducation nouvelle, il en devint le secrétaire général (1968-1971). Il accueillait notamment de nombreux enseignants français et étrangers dans son école qu’il dirigea jusqu’à sa retraite en 1974.

À partir de 1972, Jean Barberet habitait Pontault-Combault. Il fut élu conseiller municipal, président du groupe communiste et adjoint au maire socialiste en 1977. Il était chargé des délégations à l’enfance et à l’immigration. Réélu en 1983, simple conseiller municipal, il démissionna en 1985 pour raisons de santé. Après avoir exprimé plusieurs critiques et propositions adressées à la Fédération communiste de Seine-et-Marne, il cessa d’adhérer au PCF en 1986, s’estimant trop âgé et en désaccord sur les formes d’organisation.

Une école maternelle de Pontault-Combault porte son nom. Dans son discours lors de son inauguration, son épouse évoqua la confiance que son mari avait toujours eue dans l’enfance et dans l’école, formatrice du futur citoyen. Les époux Barberet firent don de leurs corps à la science.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15643, notice BARBERET Jean, Louis par Jacques Girault, Robert Hirsch, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 12 novembre 2016.

Par Jacques Girault, Robert Hirsch

SOURCES : Arch. Parti communiste français. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé, sa famille, par la section du PCF de Pontault-Combault et par Laurent Frajerman.

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