ITH Emile [Dictionnaire des anarchistes]

Par Marianne Enckell

Né le 3 mai 1902 à Nyon (canton de Vaud, Suisse), mort à Genève en 1966. Menuisier puis psychologue, antimilitariste anarchiste.

Originaire du canton de Thurgovie, mais habitant le canton de Vaud, puis Genève, Emile Ith milita au syndicat du bois FOBB dans les années 1920-30.
"Objecteur de raison", il fut condamné par le tribunal militaire à trois mois de prison en 1926, puis quatre en 1927, puis à son troisième procès, en janvier 1929, à six mois de prison et cinq ans de privation des droits civiques et aux frais. Il avait été expulsé du canton de Vaud à l’expiration de sa deuxième peine, en raison de sa privation des droits civiques.

En février 1929 il était un des orateurs au meeting antimilitariste organisé par le Comité de défense sociale (en faveur de l’objection de conscience) à la Salle communale de Plainpalais (Genève), où se pressait un nombreux public. Pendant son incarcération, Lucien Tronchet s’engagea à ce que le syndicat FOBB verse un subside hebdomadaire de 35 francs à sa mère.

Ith collabora au Réveil anarchiste depuis 1929. Il épousa cette année-là Henriette Wille, l’auteur sous le nom d’Henriette Rémi du témoignage célèbre sur les "gueules cassées", Hommes sans visage.

En décembre 1932, Ith fut condamné (avec Emile Luscher, Francis Lebet, Lucien Tronchet, Charles Meillasson, Edmond Scopellino) à 48 heures de prison pour refus systématique de payer la taxe militaire ; sur recours du procureur, la peine passa à 6 jours pour chacun et un an de privation des droits civiques. Il aurait été expulsé du canton de Genève, mais continua à y résider ; en 1945, il était toujours abonné au Réveil. En 1949, on trouve encore sa signature dans un manifeste en faveur des objecteurs de conscience.

Il est l’auteur de "La Suisse et le service civil" dans la revue de René Bovard, Suisse contemporaine, en juin 1947 et a collaboré au périodique pacifiste L’Essor. En octobre 1949, il signait une déclaration en faveur du "citoyen du monde" Garry Davis, emprisonné à Paris pour son soutien à un objecteur de conscience français, Jean-B. Moreau.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156423, notice ITH Emile [Dictionnaire des anarchistes] par Marianne Enckell, version mise en ligne le 5 mars 2014, dernière modification le 26 octobre 2015.

Par Marianne Enckell

SOURCES : Souvenirs d’Henri Tronchet — Confrontations, Cahier No 3, Fondation Collège du Travail, Genève, 1998 — Journal de Genève, 6.12.1932 — Feuille d’Avis de Lausanne, 16 février 1928 — Gazette de Lausanne, 7.10.1949 — Henriette Rémi, Hommes sans visage (1942), rééd. Slatkine, 2014, postface de Stéphane Garcia.