CHOMAT Pierre [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Né le 26 décembre 1843 à La Tour-en-Jarez (Loire) ; ouvrier électricien ; anarchiste.

Fils d’un ouvrier armurier de la Loire, Pierre Chomat (parfois orthographié par erreur Chaumat) milita dans le mouvement anarchiste à Genève, avant de s’installer à Saint-Étienne en 1880.

Du 10 au 13 juillet 1880, il participa à Lyon au congrès fondateur de la fédération de l’Est du Parti ouvrier, créé au congrès ouvrier de Marseille en 1879.

Le 26 juillet 1883, un mandat d’arrêt fut décerné contre Chautant* et un mandat d’amener contre Thivollier*, tous deux inculpés d’outrages à un agent de l’autorité. Il est probable que Chomat fut également l’objet d’un mandat le même jour puisque tous trois prirent la fuite dès le 27. À l’audience du 1er août, Chomat fut condamné à quatre mois de prison et 50 francs d’amende pour outrage à magistrat lors d’une réunion publique qu’il présidait à l’Élysée le 21 juillet. Chomat fut réputé réfugié à la Chaux-de-fond (Suisse). Il fut néanmoins arrêté et emprisonné aux alentours du 15 janvier 1885.

Le 6 décembre 1886, la commission des ouvriers sans travail tint une réunion publique salle Rivoire, 242 avenue de Saxe. À la fin de celle-ci, une manifestation spontanée, à laquelle Chomat prit part, accompagna la commission à l’hôtel de ville en chantant La Carmagnole. Il s’agissait d’exiger une réponse à une pétition réclamant du travail. Le lendemain, la commission investit la séance du conseil municipal, accompagnée telle foule que la salle de 500 personnes était comble.

La veille de noël 1886, une bombe — qui n’explosa pas — fut découverte sous le bénitier de l’église Saint-Nizier à 23 h 30. La police enquêta sur la femme de Chomat, originaire de Genève, assurant qu’elle avait passé la soirée du 24 décembre au théâtre de la Scala jusque vers 23 h 30-23 h 45. La même source indiquait en outre que les premières recherches relatives à l’attentat de L’Assommoir (voir Cyvoct) désignèrent une femme sous le sobriquet de La Suissesse. Cette dernière assertion ne semble toutefois pas être prouvée.

Le 8 février 1887, deux bombes firent explosion au palais de Justice, blessant un commissaire et sept agents de police. Quinze anarchistes furent perquisitionnés dont Chomat. Toutefois, l’enquête n’aboutit pas.

Après 1889, sa présence ne fut plus signalée dans les réunions politiques à Lyon, bien qu’il habitait toujours cette ville jusqu’en 1892.

En août 1890, avec une vingtaine de délégués suisses et français, dont Octave Jahn, il participa au congrès anarchiste régional de Genève, qui fonda une éphémère Fédération internationale des revendications prolétariennes, dont il fut le secrétaire.

Après 1892, il se rendit en Suisse, à Lausanne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156344, notice CHOMAT Pierre [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 4 mars 2014, dernière modification le 27 mai 2014.

Par Laurent Gallet

SOURCES : Etat civil de La Tour-en-Jarez — AD du Rhône 4M248, 4M306, 4M307, 4M309, 4M321 — notes de Guillaume Davranche.

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