CHERICI Antonio [dit Il Gatto Furbo] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Françoise Morel Fontanelli

Né le 25 juillet 1895 à Galluzzo (Toscane), mort en 1950 ; cuisinier ; tailleur de pierre, débardeur ; Union Anarchiste Italienne (Marseille).

Fils de Emilio Cherici et de Pesci Marianna. Appelé sous les drapeaux en 1915, il fut envoyé en Albanie. Déserteur, il fut condamné à trois ans de prison par le Tribunal de guerre. Le 2 septembre 1919, il bénéficia de l’amnistie de Nitti et revint à Galluzzo où il fut le fondateur en janvier 1921 d’un groupe anarchiste. Contraint d’émigrer en France pour se soustraire aux agressions fascistes, il s’installa à Marseille en 1924 où il s’agrégea à la communauté anarchiste toscane. Les rapports de police le retinrent comme un élément très dangereux à surveiller très étroitement. À l’automne 1924, il souscrivit à Fede et en 1925, il était membre du Comité « Pro Figli Dei Carcerati Politici d’Italia » du quartier de la Capelette dont le gérant était Léopold Faure*. Il était alors manœuvre chez Fouque, entreprise de la rue Clapier et vivait au 93, Chemin du Rouet chez Madame Cipriani. En 1928, il demeurait au 15, rue Pinatel dans le quartier Saint-Julien (12° arr).
En 1926, il était débardeur sur le port et fréquentait assidûment la Bourse du Travail. Le 13 janvier 1927, il participa à la fête anarchiste se déroulant au centre Català et le 27 mars il protesta contre un meeting du fasciste Taittinger, meeting à l’issue duquel de nombreux incidents se produisirent. Il prit part à la commémoration de la mort de Matteotti, le 11 juin 1927 à la Bourse du Travail. En août 1927, son nom figurait sur une liste d’anarchistes italiens, dressée par la police marseillaise, susceptibles de commettre des attentats contre le Consulat des États-Unis .
En 1928, il fut inquiété par les autorités marseillaises, qui sous la pression des autorités italiennes, le soupçonnèrent d’avoir accueillit Camillo Berneri* porteur d’une valise contenant trois engins explosifs. Son domicile fut perquisitionné le 18 juillet 1928 et sa compagne Rina Belloni fut elle aussi inquiétée. Selon le Consulat italien à Marseille et son très zélé représentant Barduzzi, Camillo Berneri lui aurait confié trois bombes afin d’accomplir des attentats à Marseille à l’occasion du premier anniversaire de la mort de Sacco & Vanzetti. Le consul Barduzzi et les autorités transalpines demandérent à la France de l’expulser avec les compagnons Giulio Bacconi*, Bruno Chiarini et Torquato Muzzi. Le 13 juillet 1928, le procureur de la République obtint l’ouverture d’une information contre Cherici Antonio et Belloni Rina. Ils furent déférés au parquet le 15 juillet 1928 pour détention d’explosifs mais furent rapidement remis en liberté devant le peu de charges retenues contre eux. Le 25 juillet 1928, le juge d’instruction rendit une ordonnance de non-lieu. D’après un rapport confidentiel du 18 août 1928, Belloni Rina aurait été l’informatrice du vice-consul Buzzi et aurait dénoncé les agissements de Cherici Antonio.
Ce dernier fut alors inscrit au « bulletin des recherches » italien en 1931 et fut inclus à la liste des subversifs terroristes en 1933.
De 1933 jusqu’à son départ pour Barcelone, il demeura avec sa compagne à Nice. Il s’enrôla dans la colonne Ascaso et combattit à Tardiente, à Almudevar et à Carrascal de Huesca avec Giovanni Dettori. Durant l’été 1937, il était de retour à Nice. En septembre 1938, il figurait encore sur un registre d’anarchistes en résidence dans le département des Bouches-du-Rhône. Nous perdons sa trace durant la guerre. Après 1945, il retourna chez lui où il milita pour le mouvement local. Il mourut vers la fin des années 50.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156343, notice CHERICI Antonio [dit Il Gatto Furbo] [Dictionnaire des anarchistes] par Françoise Morel Fontanelli, version mise en ligne le 4 mars 2014, dernière modification le 11 novembre 2017.

Par Françoise Morel Fontanelli

SOURCES : Arch. Dép. (13) 1 M 858 rapport du 20/08/1927, 4 M 2423, 4 M 2425 rapport du Consul Barduzzi au Préfet des BDR du 7/08/1928. — L’Ora Nostra n°3 du 27/07/1928 « Il fascista Barduzzi. Console di Marsiglia immerso nel ridicolo di una sua montatura rocambolesca »—Antonioli M., DBAI, notice de F. Bucci, R Bugiani et S. Carolini— Adamo V., Memorie di Stefano Romiti detto « Bimbo », Roma, Edizione Stampa Alternativa-Millelire, 1991—Morel Françoise, Le mouvement anarchiste marseillais dans l’entre-deux-guerres, maîtrise, Aix-Marseille I, 1997—Fontanelli Morel Françoise, I comitati « Pro Vittime Politiche d’Italia » à Marseille dans l’entre-deux-guerres. Histoire d’une organisation anarchiste en exil, Master II, Aix-Marseille I, 2011.

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