BOISSY Jules, Victor [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Né à Annonay (Ardèche) le 4 avril 1860 et décédé à Lyon le 22 mai 1909 ; mégissier puis garçon de peine ; anarchiste de Lyon.

Arrivé à Lyon le 27 mai 1883, Boissy fit le lendemain une déclaration de colporteur à la préfecture et prit le secrétariat de rédaction du journal La Lutte. Il occupa la même fonction dans les journaux qui prirent sa suite, Le Drapeau noir puis L’Émeute.

Le 25 novembre 1883, lors d’une réunion du groupe blanquiste de la Jeunesse révolutionnaire, des menaces furent proférées à l’encontre des policiers présents. Ce fut alors que Boissy cria « Enlevez la police ! », puis se tournant vers un agent assis sur un banc : « On ne voit que ça, c’est une exposition permanente ! » Anthelme Girier* continua en déclarant que les policiers étaient les valets et les représentants de la bourgeoisie, et en prononçant ces paroles, il regarda le commissaire de police qui assistait officiellement à la réunion en compagnie d’un agent.

Arrêtés le 1er décembre suivant comme prévenus d’outrages à un magistrat et à des agents de la force publique dans l’exercice et à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions, ils furent condamnés le 5, à 15 jours de prison (Boissy) et a être détenu en raison de son jeune âge (Girier, 15 ans) dans une maison de correction jusqu’à l’âge de 18 ans.

Le parquet ayant interjeté appel, ils repassèrent en jugement le 14 décembre. Au cours de l’audience, l’avocat général demanda une augmentation de peine, en la justifiant par la fermeté dont avait fait preuve le jury deux jours auparavant dans l’affaire Cyvoct*. Boissy fut donc condamné à un an et un jour de prison et Girier vit sa peine de détention dans une maison de correction élevée de 18 à 20 ans.
Il fut transféré à Clairvaux le 12 janvier 1884 non sans avoir été condamné une nouvelle fois, avec Léon Domergue, à 3 francs d’amende pour avoir tenu une réunion publique sans en avoir fait la déclaration à la préfecture. Boissy ne fut libéré qu’en décembre 1884.

En 1885, il fut membre de la commission d’organisation du banquet du 18 mars (anniversaire de la Commune). À l’automne, c’est chez lui qui se réunirent habituellement les anarchistes.

En décembre 1885 et janvier 1886, il fut suspecté d’avoir affiché un grand nombre de placards intitulés « Appel des anarchistes à leurs frères de misère ».

Le 8 février 1887, deux bombes firent explosion au palais de Justice, blessant un commissaire et sept agents de police. 15 anarchistes furent perquisitionnés dont Boissy. Toutefois, l’enquête n’aboutit pas.

Le 29 février 1888, Boissy fut condamné à 16 francs d’amende pour avoir organisé une loterie non autorisée au cour d’une réunion tenue par le parti révolutionnaire salle de la Boule d’Or le 24 décembre 1887. Le blanquiste Bonard, également poursuivit, fut acquitté.

À partir de 1888, Boissy ne fut plus guère signalé dans les réunions politiques, ce qui n’empêcha pas son maintient sur les listes d’anarchistes jusqu’en 1898, ni une perquisition d’être opérée à son domicile en juillet 1894 pendant que ce dernier était à l’hôtel-Dieu.

Boissy fut inscrit au carnet B du Rhône jusqu’à son décès.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156320, notice BOISSY Jules, Victor [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 7 mars 2014, dernière modification le 7 mars 2014.

Par Laurent Gallet

SOURCES : A.D.Rhône 4M247, 4M301, 4M306, 4M307, 4M309, 4M311, 4M321 — L’Émeute n°1, 3 et 4.

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