Né le 6 juillet 1848 à Capestang (Hérault) ; représentant de commerce (?) ; anarchiste.

Le père de Louis Bouisson, Paul Bouisson, était maréchal des logis au 3e escadron du Train des équipages militaires (chevalier de la légion d’honneur depuis décembre 1843).
Souvent orthographié Buisson, Louis Bouisson vint habiter Marseille en 1869. Il se présentait alors comme journaliste et représentant de commerce, mais les rapports de police disent qu’il passait le plus clair de son temps dans la fréquentation des milieux interlopes. Il fréquentait aussi le Cercle de l’Indépendance, et était décrit comme « exalté et intelligent qui déjà préconisait les idées anarchistes ».
Il quitta Marseille en 1879 pour aller à Paris, où il fit partie du Groupe du 6e arrondissement, avec entre autres Victorine Rouchy*, Émile Violard*, Raoux* et Alfred Durand.
Du 14 au 20 juillet 1881, Louis Bouisson fut délégué au congrès anarchiste de Londres (voir Gustave Brocher) par les groupes socialistes révolutionnaires de Paris et le Groupe des prolétaires communistes-anarchistes de Perpignan. Il y fit des interventions anti-organisationnelles, favorables aux bombes et à la dynamite comme méthodes révolutionnaires, au point qu’on le soupçonna d’être un agent provocateur. Il participa peut-être au journal La Révolution sociale (voir Serraux).
De retour à Marseille au début de 1884, Louis Bouisson fut, avec C. Godard*, un des animateurs de L’Affamé, qui parut pour 6 numéros, du 15 mai au 27 juillet 1884.
Lors de l’épidémie de choléra à Marseille, à l’été 1884, Bouisson et les anarchistes de la ville firent de l’agitation. Ils appelèrent la population ouvrière à manifester devant la mairie le 20 juillet, et furent entendus par environ 2 000 personnes. La police dispersa la foule et arrêta six personnes, dont Bouisson.
Lorsqu’il fut entendu par le juge d’instruction, il sembla qu’il était atteint du choléra. Il fut aussitôt mis en quarantaine au Pharo. On reconnut toutefois que ce n’était pas du tout le choléra mais la suite des mauvais traitements des argousins qui l’avait fait s’évanouir devant le juge.
Le 8 août, les six militants comparurent devant la 4e chambre du tribunal correctionnel. Louis Bouisson fut condamné à six mois de prison pour infraction à la loi de 1848 sur les attroupements. Godard, en fuite, fut condamné par défaut à 400 francs d’amende pour 8 contraventions à la loi sur la presse.
En novembre 1890, Bouisson avait quitté le mouvement anarchiste où la rumeur disait qu’il était devenu banquier à Barcelone ; il s’était peut-être établi simplement à Béziers.
Le 8 novembre 1924, il se mariait, à Paris 9e, avec Marie Valançant.

SOURCES : État civil de Capestang. — Le Matin du 21 au 23 juillet 1884. — L’Intransigeant du 22 juillet 1884. — Le Matin du 20 novembre 1890 — René Bianco, Cent ans de presse anarchiste…, op. cit. — René Bianco, La presse anarchiste dans les Bouches-du-Rhône, mémoire de maîtrise, université d’Aix-Marseille, 1972. — Max Nettlau, Geschichte der Anarchie, III, Anarchisten und Sozialrevolutionäre, Verlag Detlev Auvermann, 1972.

Guillaume Davranche, Marianne Enckell

Version imprimable de cet article Version imprimable