FAVIER Charles (ou Camille ?) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Né le 22 mars 1870 à l’île d’Oléron. Ouvrier ferblantier, peintre en bâtiment. Anarchiste et syndicaliste, membre de l’AIA.

Charles Favier fut à partir de août 1896 le gérant du journal La Sociale (Paris, 76 numéros du 12 mai 1895 au 18 octobre 1896) animé par Emile Pouget. Ce titre fut remplacé par une nouvelle série du Père Peinard à partir d’octobre 1896 dont C. Favier fut également le gérant.
En 1908, il était le gérant de La Mère Peinard (Parc Saint-Maur, au moins 7 numéros de septembre à la fin de l’année), journal sous-titré Réflecs hebdomadaires d’une lavandière et qui selon Henri Zisly aurait été inspiré par Fortuné Henry*. Ce titre fut violemment critiqué « pour sa vulgarité » dans les colonnes des Temps Nouveaux de Jean Grave.
L’année suivante, C. Favier, qui aurait habité rue Palikao et appartenait au syndicat des ferblantiers, fut soupçonné par la police « de se livrer à la fabrication d’explosifs ». Lors d’une réunion révolutionnaire tenue le 13 mai rue Croix-Nivert « il aurait fait l’apologie du 17e et se serait livré à des excitations au pillage ». Le 19 juin la police signalait qu’à « une réunion publique de l’Association Internationale Antimilitariste, 27 rue de Belleville » il avait déclaré « que la patrie n’existe pas… et préconisé l’insoumission ». A cette même réunion, il avait dit « que la chimie pourrait fournir des moyens assez puissants pour tenter d’empêcher les régiments de sortir de leurs casernes ». Dans un nouveau rapport du 4 août, il était soupçonné « d’avoir placardé des affiches de l’AIA » puis le 6 novembre était poursuivi à Pontoise dans une affaire dans laquelle il était impliqué sous le nom de Duthoit .
En 1911 il était membre de la Fédération Communiste Révolutionnaire.
Réserviste dans la territoriale, Favier fut mobilisé en 1914 comme artilleur, mais parvint, après un long séjour à l’hôpital, à se faire réformer. Le 21 février 1915, il participa à la réunion tenue à l’initiative d’E. Armand* chez Bonnery à Montrouge, à laquelle assistèrent une vingtaine de camarades dont Henri Zisly, Mauricius et sa compagne, Georges Gillet* et Emile Renaud. A cette réunion destinée à reprendre les contacts et à fixer une attitude face à la guerre, il raconta qu’à Lizy-sur-Ourcq, lors de la bataille de la Marne, le 88e régiment de la territoriale avait levé crosse en l’air et que l’état-major avait fait tirer à l’artillerie lourde sur le régiment qui "avait été anéanti". Il ajouta que le lieutenant de la pièce qu’il servait l’avait baptisé la "CGT".
Favier était inscrit au carnet B.
Il y a sans doute identité avec Camille Favier, collaborateur de L’Action Antimilitariste (Marseille, 4 numéros du 15 septembre 1904 au 15 janvier 1905), organe de l’AIA dont le gérant était Auguste Berrier*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156044, notice FAVIER Charles (ou Camille ?) [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 12 mars 2014, dernière modification le 12 mars 2014.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : R. Bianco, Un siècle de presse…, op. cit. — Le Semeur, 12 juillet 1926 — Rapport au Préfet de police, 22 février 1915 — Vivien Bouhey, op. cit., annexe 59.

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