COLOMER André [Jean, Éloi, André, dit] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice revue par Guillaume Davranche

Né le 4 décembre 1886 à Cerbère (Pyrénées-Orientales), mort le 7 octobre 1931 à Moscou (URSS) ; publiciste, puis chauffeur ; individualiste, puis anarcho-syndicaliste, puis communiste et animateur de cinéma aux Amis de l’URSS.

André Colomer
André Colomer
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André Colomer offre le curieux exemple d’un esthète individualiste que la fièvre révolutionnaire de 1919-1920 amena à s’investir fortement dans l’Union anarchiste et dans le syndicalisme révolutionnaire, avant de passer brusquement au PCF. Dans ses Mémoires, Louis Lecoin se souvint de lui au secrétariat de rédaction du Libertaire : « André Colomer, très bon garçon, trop coulant, cabotin dans l’âme, préférait courir les meetings, y cherchant les applaudissements, plutôt que de s’occuper sérieusement de la “cuisine” du journal. C’était un poète du genre esthète, capable d’apporter une appréciable contribution personnelle au journal, mais non d’en préparer un numéro de bout en bout. [...] D’une véhémence outrancière, désordonnée, ses déterminations se ressentaient de son caractère décousu et enfantin. Et après avoir traité les bolchevistes d’assassins, il donnera son adhésion à leur parti. »

Selon la biographie que lui consacra Manuel Devaldès* dans son Anthologie des écrivains réfractaires de langue française, André Colomer vint à Paris à l’âge de 6 ans et suivit les cours du collège Rollin – classes primaires très certainement. Son père était « fonctionnaire » (receveur principal des douanes ?) ; l’un de ses oncles était Mgr Fonteneau, archevêque d’Albi, et l’enfant passa des vacances près de lui.

À l’âge de 12 ans, André Colomer lut Zola et, selon Devaldès, « à travers le Souvarine de Germinal, il atteint l’idéal anarchiste qui l’embrase d’un coup ». Élève de lycée à Bordeaux, il écrivit des vers, publia un journal polycopié à vingt exemplaires, Le Torchon des ratés, vécut de façon très fantaisiste et fut finalement renvoyé du lycée ; il devait avoir 14 ans. Il navigua alors durant près d’un an, visitant l’Algérie, la Tunisie, le Senégal, l’Espagne, le Portugal ou y faisant relâche. À 17 ans, il termina ses études secondaires, passa son baccalauréat de philosophie et reçut une bourse pour préparer l’École normale supérieure, ce qu’il fit en « khâgne » au lycée Louis-le-Grand, sans résultat.

Après avoir accompli douze mois de service militaire à Perpignan en 1906, Colomer fit un bref séjour au collège de Blois comme professeur, ensuite au lycée Lakanal comme répétiteur, puis il rompit avec l’Instruction publique.

De novembre 1907 à juin 1908, il anima La Foire aux Chimères, revue artistique qui n’eut que deux numéros, fortement influencée par le vitalisme d’Henri Bergson. Dans le n°1, il signa le manifeste du « visionnarisme » qu’il définit ainsi un peu plus tard : « Le mouvement visionnaire est l’expression artistique de l’intuitionnisme bergsonien. Nous sommes les poètes de la natura naturans, de la vie au moment où elle se vit, les architectes du fugitif. »

En 1909, il participait au Groupe d’action d’art.

Ayant refusé, en 1911, de faire une période militaire de vingt-huit jours, il fut arrêté, passa douze jours à la prison du Cherche-Midi, tomba malade, fut réformé. Il collabora à l’époque à Paris-Journal et à l’éphémère revue artistique La Forge, de Stanislas Fumet.

En février 1913, André Colomer fut des fondateurs et le gérant d’une revue politico-littéraire : L’Action d’art, qui se voulait l’organe d’une nouvelle école individualiste, celle des « anarchistes d’action d’art ». La déclaration d’intention parue dans le n°1 était cosignée de Atl, Banville d’Hostel, André Colomer, Paul Dermée, René Dessambre, Manuel Devaldès*, Tewfik Fahmy, Gérard de Lacaze-Duthiers* et Paul Maubel.

En mars-avril 1913, il donna quelques articles à l’anarchie, mais l’interprétation de l’affaire des « bandits en auto » (voir Jules Bonnot) allait rapidement le pousser à rompre avec cet hebdomadaire. De cet épisode, lu à la lumière de Bergson, il voulait tirer une doctrine, « l’individualisme héroïque », qu’il exposa dans L’Action d’art, dans une série inachevée de 11 articles surtitrée « De Bergson à Bonnot », puis « De Bergson au banditisme ».

L’anarchie moqua l’« héroïsme » de Colomer et celui-ci, en retour, railla une anarchie accusée d’être à la remorque de la Fédération communiste anarchiste. L’Action d’art publia son 18e et ultime numéro en décembre 1913.

En septembre 1914, Colomer décida de s’insoumettre et franchit la frontière italienne avec sa femme Madeleine (qu’il avait épousée le 5 février précédent). Le couple se réfugia à Gênes où il eut un enfant. Colomer vécut de leçons données à l’École Berlitz jusqu’à l’entrée en guerre de l’Italie, en mai 1915. Colomer, tombé assez gravement malade, ne put se cacher longtemps. Arrêté, il fut extradé, transféré à Perpignan et finalement réformé « le jour même de l’armistice ».

Installé 12, rue de l’Ancienne-Comédie à Paris 6e, Colomer ressuscita avec Marcel Say, en octobre 1919, L’Action d’Art, « organe de l’individualisme héroïque ». La nouvelle série accueillit les écrits de Hauteclaire (Madeleine Colomer), Marcel Say, Mars Villers et Marisse. Sous le titre « L’individualiste héroïque et la guerre », Colomer y publia en feuilleton un texte qu’il avait rédigé en exil en 1915, et qui expliquait son refus de répondre à l’appel.

Les idées de Colomer avaient alors nettement évolué puisque, tout en continuant de se revendiquer individualiste, il se montrait favorable au syndicalisme. Ainsi, le n°1 de L’Action d’art nouvelle série annonça la création du Syndicat des auteurs dramatiques. Affilié à la Fédération du spectacle de la CGT, ce syndicat devait admettre « les dramaturges encore injoués — toute cette pléiade de géniaux forçats que les mercantis de la scène, avec la complicité de la Société des auteurs, condamnent au silence ». Au congrès confédéral d’octobre 1920 – où Colomer ne fut pas délégué –, ce syndicat, affichant 40 adhérents, devait choisir de s’abstenir, ne votant ni pour la majorité ni pour la minorité.

En décembre 1919, L’Action d’art annonça également la constitution, par Colomer et Banville d’Hostel, d’un Syndicat professionnel des écrivains qu’ils voulaient affilier à la fédération CGT du Livre. Le but de ce syndicat, « d’un esprit franchement libertaire », était de « permettre aux créateurs de lettres de devenir réellement des producteurs : c’est-à-dire donner aux écrivains, par la solidarité et la coopération, les moyens et la force de se libérer des capitalistes de l’édition, de la librairie et du journalisme ». Cette fois, l’initiative semble ne pas avoir eu de suite.

En 1920, Colomer était secrétaire du Comité intersyndical parisien du spectacle. Il s’y battit pour le respect du droit d’auteur, et pour un contrat collectif entre les directeurs de salle et le syndicat des auteurs. Il déplorait la mainmise des capitalistes sur la culture et écrivit à ce sujet un article dans L’Humanité du 29 mars 1921, « Théâtre et Prolétariat ». Il donna à l’époque plusieurs conférences au Club du Faubourg.

Du 25 au 30 juillet 1921, Colomer fut délégué du Syndicat des auteurs dramatiques au congrès de Lille de la CGT. Le syndicat, affichant toujours 40 adhérents, vota cette fois contre la majorité. À Lille, Colomer rencontra Louis Lecoin, qui le fit bientôt adhérer à l’Union anarchiste (UA) et collaborer au Libertaire.

Dans Le Libertaire du 18 novembre 1921, Colomer donna sa vision de la révolution : « Les individus-producteurs groupés en ateliers, en usines, etc., doivent organiser méthodiquement la prise de possession des instruments et des locaux de travail. Ils seront armés sur les lieux mêmes de la production. Ils ne deviendront pas soldats ; ils seront des ouvriers armés, c’est bien différent. Et quand les travailleurs seront les maîtres, suivant la conception anarchiste, ils ne seront que les maîtres de la matière inanimée qu’ils activent de leurs efforts. Pour se libérer, s’organiser et se défendre, les individus-producteurs n’ont besoin ni de politiciens, ni de généraux, ni des commissaires du peuple. Laissez-leur supprimer l’État, ses fonctionnaires, ses rouages, ses lois, toute la vieille carcasse d’oppression et d’obligation collective — et vous verrez, par le seul jeu de l’intérêt et de l’affection, les hommes produire, les individus se grouper et vivre avidement à la recherche de classe et d’harmonie ».

Quand la scission confédérale fut consommée, lors de l’assemblée extraordinaire de la minorité tenue du 22 au 24 décembre 1921 à Paris, André Colomer fut nommé à la commission administrative provisoire (voir Henri Toti) de ce qui allait devenir la CGTU. Dans les jours suivants, il fit partie du secrétariat provisoire de la nouvelle Fédération unitaire du spectacle. Là, il contribua à mettre en place un projet de Théâtre confédéral lié à la CGTU.

Il collabora ensuite à La Revue anarchiste, fondée en janvier 1922 par Sébastien Faure et, en mars, y écrivit un violent article contre Bergson, « maître à penser de la IIIe République ». Le philosophe auquel Colomer avait tant emprunté avait été, selon lui, « le Descartes du nationalisme bourgeois » et s’était « prostitué à la gloire de son siècle ». En juin 1922, il devait reprendre le secrétariat de rédaction de la revue.

Dans Le Libertaire du 31 mars 1922, il exprima sa position sur l’avenir de la CGTU : « Les syndicats sont le corps ; l’anarchie est l’âme. » 

Au Ier congrès confédéral de la CGTU, du 25 juin au 1er juillet à Saint-Étienne, Colomer fut délégué du Syndicat des auteurs dramatiques et apparut en minorité dans la fédération dont il était le secrétaire puisque 6 syndicats sur 8 adhérents votèrent pour les motions Monmousseau. Seuls deux syndicats – dont celui des auteurs dramatiques – votèrent pour les motions Besnard. Quand Colomer monta à la tribune, une partie de la salle se vida. Dans son discours, il identifia le syndicalisme et l’anarchisme, tout en affirmant qu’il n’y avait pas d’équivalence entre la démarche du PCF et celle de l’Union anarchiste vis-à-vis de la CGTU. Celle-ci, déclara-t-il, devait non seulement se situer « en-dehors des partis », mais aussi « lutter contre les partis politiques », car « un parti, c’est un gouvernement embryonnaire ».

Le congrès élimina les « anarcho-syndicalistes », dont André Colomer, de la direction confédérale. Celui-ci fut ensuite membre de la commission exécutive du Comité de défense syndicaliste (CDS) initié par Pierre Besnard. Il s’y opposa aux tractations de Besnard avec la CGT, estimant qu’il fallait se maintenir en tant qu’opposition au sein de la CGTU.

En août, suite au retrait de Lecoin, Colomer devint secrétaire de rédaction du Libertaire. Dans le même temps, il devint responsable de La Revue anarchiste.

Les 16 et 17 septembre 1922, Colomer représenta l’UA aux réunions commémoratives du congrès de Saint-Imier de 1872, tenues à Bienne et à Saint-Imier. Il y déclara que « la meilleure façon de commémorer le congrès antiautoritaire et le cinquantenaire de l’anarchisme c’est d’établir fortement l’accord d’idées et d’action des anarchistes de tous pays. Il propose la convocation d’un congrès international dès que possible ».

En décembre, il assista au IIIe congrès de l’Union anarchiste.

Colomer était toujours secrétaire de la petite Fédération CGTU du spectacle. Les 10 et 11 août 1923, il en anima le congrès à Paris (8 syndicats représentés) et y fut cette fois majoritaire : la fédération adopta la même motion d’orientation syndicaliste révolutionnaire que la Fédération du Bâtiment un mois plus tôt.

Au congrès CGTU de Bourges, du 12 au 17 novembre 1923, la Fédération du spectacle, réduite à 7 syndicats, apparut néanmoins divisée (3 votes pour la majorité procommuniste, 3 pour la minorité syndicaliste révolutionnaire, 1 abstention). Colomer prit la parole pour dénoncer la bureaucratisation du régime soviétique, en citant de larges extraits de L’Opposition ouvrière d’Alexandra Kollontaï. Il invita le congrès à refuser l’adhésion à l’Internationale syndicale rouge (ISR) et à rejoindre l’Association internationale des travailleurs (AIT) fondée à Berlin. En conclusion, il déclara : « nous, minorité syndicalistes et anarcho-syndicaliste, nous nous insurgeons contre le gouvernement de la CGTU ». 

Il habitait à l’époque au 259, rue de Charenton, à Paris 12e. Dans Le Libertaire du 3 août 1923, il qualifia le gouvernement bolchevik de « gouvernement d’assassins ».

Du 12 et 13 août 1923, Colomer fut un des rapporteurs au IVe congrès de l’Union anarchiste à Paris. Il se vit confirmé dans ses fonctions au Libertaire, dont le congrès vota le principe du passage au format quotidien dès que 150 000 francs auraient été réunis.

Mais en novembre 1923 survint l’affaire Philippe Daudet*, qui défraya la chronique. Alors qu’il n’avait réuni que 75 000 francs, Le Libertaire profita d’être au centre de l’actualité pour passer quotidien dès le 4 décembre, et André Colomer en fut le secrétaire de rédaction durant la première année. Après la fusillade du 11 janvier 1924 à la Grange-aux-Belles, qui porta à son paroxysme la guerre entre le l’UA et le PCF, L’Humanité n’appela d’ailleurs plus Le Libertaire que « le journal de Boudoux-Colomer ».

Ses articles lui valurent par deux fois d’être poursuivi. En mai 1923, il écopa de trois mois de prison et de 100 francs d’amende pour un article du 30 mars en défense de Germaine Berton*. Le 13 mars 1924, il reçut encore quatre mois de prison et 1 000 francs d’amende pour divers articles publiés entre décembre 1923 et février 1924.

Il fut candidat abstentionniste aux élections législatives du 11 mai 1924 à Paris 12e.

La besogne harassante que représentait la direction d’un quotidien ne semble pas lui avoir convenu. Trop dilettante selon le témoignage de Lecoin, et manquant d’esprit de synthèse. En août 1924, le conseil d’administration du Libertaire lui reprocha son « tempérament bohème et antirationnel » et le pria de renoncer au poste de secrétaire de rédaction, tout en restant rédacteur. Le 19 août, il fut remplacé par Georges Bastien. Il présenta néanmoins le rapport moral du journal au congrès de l’UA, du 1er au 3 novembre 1924 à Paris. Le même mois, il céda à Georges Bastien le secrétariat de rédaction de La Revue anarchiste. Se plaignant par ailleurs d’être accaparé par Le Libertaire, il le quitta en février 1925.

L’étoile de Colomer pâlissait au sein de l’anarchisme. Quand il édita son pamphlet de 1915 sous le titre À nous deux, patrie !, Louis Loréal* lui reprocha, dans Le Libertaire du 30 mai 1925, de n’avoir pas supprimé certains passages qui reflétaient ses idées individualistes ultra de l’époque (« Guerre ou révolution pouvaient éclater. Ni l’une ni l’autre ne me compterait au rang de ses soldats ; ni l’une ni l’autre n’aurait mon sang de héros parmi ses rangs », écrivait-il page 16).

Contre toute attente, Colomer se rapprochait alors du PCF. Georges Bastien lui reprocha, dans Le Libertaire du 6 juin 1925, de faire « des œillades aux bolchevistes ». Dans L’Insurgé du 12 décembre 1925, sous le titre « Choisir ! », Colomer écrivait : « Je serai avec les prolétaires quand ils se révolteront contre les ordres de l’État, quand ils feront figure d’insurgés — même s’ils réalisent cette insurrection sous les drapeaux rouges du bolchevisme ».

Malgré tout, Colomer était encore considéré, à l’UA, comme un ami. Quand, à la fin de 1926, il tomba gravement malade, Le Libertaire du 25 février 1927 lança un appel à souscription pour l’aider. Dès le 18 mars, 2 168,20 francs avaient été recueillis. Dans Le Libertaire du 1er mai, Colomer écrivit que cette marque de solidarité lui donnait « les forces pour combattre la maladie ». Il ajoutait, empruntant à la rhétorique communiste du « front unique » : « Je souhaite de retrouver, quand je recommencerai à militer, un prolétariat plus uni, des révolutionnaires moins divisés, des hommes d’action prêts à réaliser dans la classe ouvrière ce front de bataille que la bourgeoisie sait maintenir pour écraser les travailleurs. »

En 1927, Colomer donna son adhésion au PCF, 7e rayon, cellule 204, à Paris 18e. Rédacteur à L’Appel des soviets, secrétaire de l’association Les Amis de l’URSS, il fit un voyage dans la « patrie du socialisme » dans le cadre d’une délégation du Livre-CGTU, et en revint émerveillé. Dans L’Humanité du 18 décembre 1927, il écrivait : « Déjà, depuis deux ans, j’étais convaincu que l’attitude d’opposition au gouvernement des soviets était absolument contre-révolutionnaire. Mais, après mon voyage bouleversant, je n’hésite plus : Celui qui ne choisit pas est choisi ; il n’y a plus que deux pouvoirs : le pouvoir bourgeois et le pouvoir prolétarien. » Suite à ce voyage, il fit une tournée de conférences fort chahutée par les anarchistes. Ainsi le 9 mars 1928, à Lyon, les militants de la CGT-SR attaquèrent violemment sa conférence, qui fut annulée.

Il appartenait alors au syndicat des cochers-chauffeurs de la CGTU et sans doute est-ce une indication sur le métier qu’il exerçait alors, officiellement du moins. Colomer avait conservé des liens avec certains libertaires comme Alphonse Barbé* et E. Armand, auquel il écrivait le 8 mars 1928 : « Je te serre bien cordialement la main — et je t’assure que ça fait plaisir de pouvoir serrer la main de quelqu’un qui ne pense pas comme soi — quand on ne cesse de lire et d’entendre les injures et les sales calomnies des “anarchistes” qui voudraient vous imposer leur façon de voir la vie. »

Lors des rafles anticommunistes de juillet 1928, il arrêté et détenu à la Santé plusieurs mois.

Finalement Colomer partit vivre en URSS avec sa famille. À sa mort, en 1931, quelques nécrologies parues dans la presse libertaire s’interrogeaient sur sa conversion au communisme. Dans Les Humbles d’octobre 1931, Maurice Wullens* écrivait : « On pouvait différer d’avis avec Colomer, poète, révolutionnaire romantique et un peu théâtral. Nul ne peut nier son ardente sincérité, son absolu désintéressement. » Dans Le Semeur, Alphonse Barbé ajoutait : « Je n’ai jamais cru à la vénalité de Colomer. Je ne sais si le Parti communiste le payait cher ; ce que je puis affirmer, c’est qu’il ne le portait pas sur lui. » Quant à Lecoin, il jugeait dans ses Mémoires : « Il n’est pas vrai que son revirement ait été motivé par l’intérêt. C’est le cabotinage qui poussa cet individualiste à se ranger sous la bannière des autoritaires [...]. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156028, notice COLOMER André [Jean, Éloi, André, dit] [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice revue par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 28 février 2014, dernière modification le 11 décembre 2018.

Par Jean Maitron, notice revue par Guillaume Davranche

André Colomer
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ŒUVRE : À nous deux, patrie, parue en feuilleton dans L’Action d’art en 1919-1920, édité en brochure en 1925. ― préface à La Persécution des anarchistes et des syndicalistes révolutionnaires dans la Russie soviétique (traduction du russe par Voline), La Librairie sociale, décembre 1922 .

SOURCES : Arch. Jean Maitron — Arch. Dép. Seine-et-Oise, 4 M 64, 66 et 67 — Arch. PPo., non versées — État civil de Cerbère — Arch. Armand (IFHS) — Témoignage écrit d’Alphonse Barbé (archives personnelles) — L’Action d’art de 1913 et de 1919-1920 ― La Revue anarchiste de mars 1922 — Le Réveil anarchiste du 30 septembre 1922― L’Insurgé des 14 mai et 12 décembre 1925 ― L’Humanité, 10 octobre 1931 — M. Devaldès, Anthologie des écrivains réfractaires de langue française, Paris, 1927 — Comptes rendus du congrès CGT de 1921, CGTU de 1922 et 1923 ― Louis Lecoin, Le Cours d’une vie, auto-édition, 1965 ― Boris Ratel, « L’anarcho-syndicalisme dans le bâtiment de 1919 à 1939 », mémoire de maîtrise en histoire, université Paris-I, 2000 ― David Berry, A History of the French Anarchist Movement 1917-1945, Greenwood Press, 2002 ― François Azouvi, La Gloire de Bergson, Gallimard, 2007 — Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914), L’Insomniaque/Libertalia, 2014. — Dimitri Vezyroglou, "De l’anarchisme au communisme, des lettres au cinéma", dans L’écran rouge. Syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo, sous la direction de Tangui Perron, Les Éditions de l’Atelier, 2018.

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