CHEVENARD Jeanne [née VIOLLET Jeanne, Mélanie] [Dictionnaire des anarchistes]

Née le 16 mai 1876 à Lyon (IIe arr.) ; exécutée par la Résistance le 29 juin 1944 à Vénissieux (Rhône) ; brodeuse à domicile ; militante syndicaliste de l’Habillement.

Brodeuse à domicile, Jeanne Viollet créa, en 1906, le syndicat de sa profession. Mère de deux enfants, elle épousa en 1911 Louis, Marie, Albert Chevenard, né le 11 juin 1882 à Oullins (Rhône), ouvrier coupeur. Son mari exploita avec elle un magasin de broderies à Lyon, mais il fut déclaré en faillite par jugement du tribunal correctionnel de Lyon le 31 octobre 1913. Jeanne Chevenard était alors déléguée à la propagande de la CGT.

Fille d’un voyageur de commerce, elle joua un rôle important dans la CGT dès 1913. Pendant la guerre, elle dirigea à Lyon la coopérative L’Égalitaire pour confection de vêtements militaires et elle rallia le courant zimmerwaldien au moment où avec son mari, elle développait les activités du cercle artistique prolétarien Le Nid Rouge où l’influence anarchiste était prédominante. Elle fut désignée pour être à Lyon secrétaire de la Ligue féminine d’action syndicale et joua un rôle important dans les grèves de mai 1917 et janvier 1918 à Lyon. Elle assista les 23-25 décembre 1917 à la conférence tenue par la CGT à Clermont-Ferrand et le 30 mai 1918, elle fut la première femme à être élue secrétaire de l’UD du Rhône, fonction qu’elle exerça de concert avec Bécirard* jusqu’au retour du secrétaire mobilisé Million. Elle suivit avec Bécirard l’évolution de Merrheim et, comme lui, rejoignit Jouhaux* en 1921. Elle lutta contre l’orientation de la majorité de l’UD du Rhône restée fidèle au courant révolutionnaire. Elle représenta le syndicat de l’Habillement du Rhône au XIVe congrès de la CGT à Lyon (15-21 septembre 1919) et au XVe congrès à Orléans (27 septembre-2 octobre 1920). À ce moment, dans ses votes, elle s’abstint sur le rapport moral de la majorité confédérale et sur les résolutions, refusant de choisir entre minorité et majorité. Au terme de son itinéraire, en mars 1922, elle contribua à la scission qui, à Lyon, fut le fait des réformistes. Ceux-ci installèrent rue Cuvier un nouveau siège qui devint celui des confédérés. Jeanne Chevenard resta, au cours des années 20 et 30, une figure majeure du syndicalisme confédéré, elle fut le leader incontesté des syndicats CGT de l’Habillement.

Pour la suite de sa biographie et les sources, voir la notice de Maurice Moissonnier dans le DBMOF.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156024, notice CHEVENARD Jeanne [née VIOLLET Jeanne, Mélanie] [Dictionnaire des anarchistes], version mise en ligne le 25 mars 2014, dernière modification le 12 juillet 2017.
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