BOGET Jean [dit Joanny] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Né le 3 avril 1866 à Lyon (IIe arrondissement) ; ouvrier en brosses et cordonnier ; anarchiste de Lyon.

Boget fut assesseur lors de la réunion des groupes anarchistes lyonnais sur le scandale du Panama tenue le 30 décembre 1892.
En 1893, il assista aux nombreuses réunions préparatoires au lancement du journal L’Insurgé.

Peu après les attentats de la rue des Bons-Enfants et du bouillon Duval, des perquisitions furent ordonnées le 20 novembre 1893 au domicile de 102 militants lyonnais. Boget avait quitté son domicile depuis une quinzaine lorsque le commissaire se rendit rue Louis, à Villeurbanne.
Il fut toutefois retrouvé lors de la perquisition du 1er janvier 1894. La police saisit chez lui de nombreuses brochures et publications anarchistes, des livres de chimie et de physique. La présence de notes et formules de chimie ainsi qu’une carte d’inscription au cours de chimie générale de l’école d’enseignement professionnel laissa supposer que Boget pouvait s’occuper de la fabrication de fausse monnaie. Dans les interrogatoires qu’il subit, Boget expliqua qu’il avait abandonné son métier de fabriquant de brosses à cause du risque de phtisie qu’il occasionnait et qu’il étudiait la chimie pour établir un atelier de photographie à bon marché. Inculpé d’association de malfaiteurs en vertu des lois des 12 et 18 décembre 1893, il fut mis en état d’arrestation et remis en liberté le 22 janvier.

Il fut de nouveau perquisitionné lors de l’opération policière des 19 et 20 février 1894. Outre les journaux et écrits anarchistes, il fut saisi chez lui des ustensiles et produits de chimie : poudres, éprouvettes, mortier. Lors de son arrestation, il se mit à crier ’’Vive la révolution ! Vive l’anarchie !" à plusieurs reprises. Écroué à Saint-Paul pour association de malfaiteurs et outrages à magistrat, il fut libéré le 5 mars suivant.

La découverte de 17 exemplaires, lors de la perquisition du 1er janvier 1894, d’une réimpression de la brochure de Malato, "Les Travailleurs des Villes au Travailleurs des Campagnes", fut l’objet d’une nouvelle information contre lui. En effet, si la première impression de la brochure n’avait donné lieu à aucune poursuite, le ministre de la Guerre déposa plainte, contre cette réimpression, pour injures à l’armée. Le procureur de la République estima que si des poursuites pouvaient être exercées légalement contre Boget au titre de la complicité, il hésitait à le faire. Il craignait que le jury se refusa à condamner en vertu du fait que la brochure était imprimée depuis plusieurs années et qu’elle avait été publiquement vendue et distribuée sans que la justice s’en émut. Toutefois, il fut condamné le 22 mai à 6 jours de prison et aux dépens.

À l’occasion du procès Caserio, Boget fut inscrit sur une liste d’anarchistes à surveiller tout particulièrement.
La police le tenant pour dangereux, il fut systématiquement inscrit sur les listes départementales d’anarchistes à surveiller jusqu’en 1898.
Boget figura, sous le n°50, sur le carnet B du Rhône et en fût radié lors de la révision de 1914.

Il était domicilié rue Louis à Villeurbanne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article156010, notice BOGET Jean [dit Joanny] [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 25 mars 2014, dernière modification le 15 mars 2017.

Par Laurent Gallet

SOURCES : Arch. Dép.Rhône, 4M301, 4M311, 4M312, 4M315, 4M316, 4M320, 2U566.

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