BAQUET Maurice, Albert

Par Marianne Lassus

Né le 10 mars 1897 à Pont-l’Évêque (Oise), mort le 4 juillet 1965 à Villejuif (Seine, Val-de-Marne) ; militaire, professeur d’éducation physique puis directeur technique de l’Institut national des sports ; militant du sport populaire, notamment à la Fédération sportive et gymnique du travail.

Cinquième d’une famille de huit enfants qui vivait pauvrement (son père était maçon), il travailla dés l’âge de treize ans dans un cabinet d’avoué juste après l’obtention de son certificat d’études. Ses parents s’étant fixés à Enghien (Seine-et-Oise/Val-d’Oise), il pratiqua les sports au cercle sportif de la ville, tout en mettant à profit ses longs trajets en train pour s’instruire par des lectures variées.
Mobilisé dans l’infanterie en 1916, il se réengagea comme adjudant en 1919, tout en pratiquant l’athlétisme dans le cadre militaire et civil au Club Athlétique des Sports Généraux (CASG) et le football au Racing Club de France. Il décida alors de développer ses compétences sportives en entrant au Centre de Rééducation et d’Instruction Physique de Royan (Charente-Maritime), d’octobre à décembre 1919, avant d’intégrer la prestigieuse école de gymnastique de Joinville qui lui permit d’obtenir le titre de moniteur sportif, major de sa promotion, en avril 1920. À partir de 1922, il fut détaché en Pologne comme instructeur d’éducation physique dans l’armée et dans les fédérations sportives. Il y fut particulièrement actif en exerçant les fonctions de professeur d’éducation physique au lycée français de Varsovie, entraîneur de la fédération polonaise d’athlétisme et professeur à l’Institut National d’éducation physique. De retour en France en 1926, il se maria. Il reprit alors ses activités de moniteur-chef à l’école de Joinville tout en entraînant le Paris Université Club (jusqu’en 1927) puis le Racing-Club de France (de 1928 à 1938) ; il fut aussi entraîneur des équipes de France universitaires d’athlétisme de 1927 à 1934.
En 1931, il fut nommé professeur de gymnastique au lycée Hoche à Versailles (Seine-et-Oise/Yvelines). Muté au lycée Buffon à Paris en octobre 1935, il fut promu professeur à l’École nationale d’éducation physique (ENEP) en novembre de la même année, et il en devint le directeur technique. Il mit ses compétences au service de l’équipe de France d’athlétisme qu’il entraîna lors des Jeux Olympiques de Berlin en 1936. C’est, semble-t-il, sa rencontre avec Jean Guimier, élève à l’ENEP et par ailleurs futur membre du PCF et de la FSGT, qui fut le déclencheur de sa militance. Influente dans la réorganisation du sport et de l’éducation physique souhaitée par Léo Lagrange en 1936, la FSGT mit en place, dans le cadre de l’ENEP, des stages de perfectionnement destinés à ses éducateurs, stages que Maurice Baquet encadra en 1937 et 1938. Après avoir été mobilisé comme adjudant dans l’infanterie en septembre 1939, il fut démobilisé en avril 1940 pour charge de famille (il avait alors trois enfants) et il resta professeur à l’ENEP, devenue ENEPS, pendant l’Occupation.
À la Libération, il fut nommé inspecteur de l’éducation physique et des sports en janvier 1945 puis titularisé dans cette fonction en septembre 1946, chargé du poste de directeur technique de l’Institut National des Sports (INS). Il fut détaché comme sous-directeur de l’INS. Il entendit donner à cette institution, créée en 1945, une dimension éducative afin qu’elle ne soit pas exclusivement réservée à l’élite sportive, et il défendit une conception humaniste et civique du sport, exprimée notamment dans des articles de la revue INS de 1947 à 1959. Mais il n’hésita pas à élargir ses conceptions par une réflexion plus sociologique sur la pratique du sport, en participant aux travaux animés par Peuple et Culture (avec entre autres Joffre Dumazedier), dont on retrouve mention dans les ouvrages auxquels il collabora (Regards neufs sur le sport en 1950 et Regards neufs sur les Jeux olympiques en 1952).
Son action militante au sein de la FSGT se confirma à partir de 1945, date de son adhésion à la fédération, et s’accentua à partir de 1958 lorsqu’il prit part aux stages ou cours du soir, et qu’il devint président de la commission fédérale d’athlétisme. Son influence sur le développement du sport populaire fut considérable dans les milieux scolaires et d’entreprises. Pour défendre ses idées et celles de la FSGT, Maurice Baquet n’hésitait pas utiliser ses congés pour voyager au-delà de l’hexagone. Il se rendit notamment en Yougoslavie en 1947, en Pologne en 1955, en RDA en 1958 en tant que conseiller sportif de la FSGT, et même en Chine à l’automne 1959 pour un voyage d’études.
Il prit sa retraite le 1er octobre 1960. En 1964 encore, âgé de soixante-sept ans, il accepta une ultime mission en Algérie pour y établir et développer le sport. Rentré en France en juin 1965, après avoir habité à Vigneux (Seine-et-Oise/Essonne), il demeurait à Fresnes (Seine/Val-de-Marne) lors de son décès à l’hôpital de Villejuif).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15601, notice BAQUET Maurice, Albert par Marianne Lassus, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 31 octobre 2018.

Par Marianne Lassus

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 27666. — Note de Jacques Girault.

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