Né vers 1856 ; anarchiste.

Émile Quinque se fit remarquer pour la première fois à la suite des événements de l’esplanade des Invalides, le 9 mars 1883 (voir Louise Michel).
Le 10 mars, il était au meeting de protestation organisé par la chambre syndicale des menuisiers (voir Joseph Tortelier) au boulevard Contrescarpe. Aussitôt le meeting commencé, il monta sur l’estrade pour exciter l’assistance contre la présence des journalistes. Ceux-ci préférèrent se retirer, bien que Tortelier ait appelé à les laisser travailler librement.
Le lendemain, il était au meeting des ouvriers du bâtiment au chômage, salle Rivoli, avec un groupe d’anarchistes qui, mené par Émile Digeon, appela sans succès l’assistance à aller renforcer le rassemblement de protestation place de l’Hôtel-de-Ville. Conseiller municipal et rédacteur à La Lanterne, Yves Guillot s’y opposa. La tribune fut alors envahie par les anarchistes, qui molestèrent le journaliste. Une bagarre s’ensuivit, au terme de laquelle Charles Godard*, Léon Jamin* et Fernande d’Erlincourt* furent arrêtés par la police. Ces deux derniers bénéficièrent d’un non-lieu, mais Godard et Quinque furent déférés au parquet.
Le 10 avril 1883, la 11e chambre du tribunal correctionnel les condamna : Godard à trois mois de prison et à 200 francs d’amende, et Quinque (par défaut) à six mois de prison et à 200 francs d’amende pour coups et blessures. Sur opposition, sa peine fut ramenée à trois mois le 7 août 1883.
En 1885, il fut, selon Le Gaulois, gérant du Tocsin, fondé par Dénéchère*. Est-ce lui qui se cachait derrière le pseudonyme A. Grippa ?
Le 5 avril 1886, il tenta de se suicider d’une balle dans la tête, dans un café au 56, boulevard Saint-Germain. Un ami, présent, détourna l’arme, mais prit la balle dans la main. Quinque fut arrêté un peu plus tard et placé en garde à vue.

SOURCES : Le Gaulois, des 11 et 12 mars 1883, et du 6 avril 1886 — René Bianco, Un siècle de presse…, op. cit.

Guillaume Davranche

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