Né le 23 mars 1863 à Lyon (Rhône) ; ouvrier serrurier à Lyon ; anarchiste, membre de la Fédération révolutionnaire.

Après avoir fait son apprentissage chez Brunard, 31 rue de la Guillotière où il était resté jusqu’en 1879, Pinoy travailla chez Mercier, rue Sainte Monique, jusqu’au 26 mai 1880. A partir de cette date il vécut dans l’oisiveté, couchant dans des logements à la nuit.
Le 3 juillet 1880, Pinoy fut condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à quinze jours de prison pour mendicité. Il conservait son domicile chez sa mère qui tenait un restaurant et des chambres garnies, ne rentrait que tard le soir et pour prendre l’argent qu’il y trouvait, si bien que sa mère le mit dehors.
A partir du 30 juillet 1881, il se remit au travail et partit à Paris le 20 mars 1882 d’où il revint en août. Le journal Le Droit social, dans son n° du 5 mars 1882, indiquait que Pinoy était secrétaire de la 3ème section du 3e arrondissement de la Fédération socialiste révolutionnaire lyonnaise. Mais il semble qu’il n’ait rempli cette fonction que sur le papier puisqu’il était alors à Paris.
Le 16 août 1882, il assistait à la réunion salle de la Perle à la Croix Rousse, organisée par la Fédération, sous le titre de "Tribunal révolutionnaire", où il déclara qu’il connaissait deux des jurés qui avaient condamné Crestin* et Bonthoux*, que l’un était un maître serrurier qui lors de la grève des serruriers avait tenté de faire venir 200 ouvriers de Belgique et un autre avait volé une tonne de fer.
Le 9 septembre 1882, lors d’une réunion organisée par la Fédération à propos des événements de Montceau-les-Mines où la presse avait été invitée, Pinoy proposa de ne pas laisser les journalistes sortir vivants, il saisit un verre d’eau sur le bureau de l’estrade et en jeta le contenu à la figure d’un journaliste. À la sortie de la réunion, dans une mêlée, il donna un coup de poing à un agent.
Pinoy fut arrêté à Lyon, le 28 octobre 1882, et fut impliqué dans le procès dit Procès des 66, qui s’ouvrit devant le tribunal correctionnel, le 8 janvier 1883. Il fut rangé dans la deuxième catégorie des prévenus (Voir Bordat).
Il fut condamné, le 19 janvier 1883, à quinze mois de prison, 200 Francs d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils. Cette peine fut réduite par arrêt de la cour d’appel de Lyon, le 13 mars 1883, à huit mois de prison, 50 Francs d’amende et cinq ans d’interdiction des droits. Il fut libéré le 19 septembre 1883.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 2 U 434—4 M 2 et 4 M 3. — M. Massard, Histoire du Mouvement anarchiste à Lyon 1880-1894, DESS, Lyon, 1954. — Le Procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la Cour d’Appel de Lyon, Lyon, 1883.

Maurice Moissonnier, notice complétée par Dominique Petit

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