Né le 1er avril 1858 à Lyon (Rhône) ; tisseur, 10, rue d’Austerlitz, à Lyon ; anarchiste ; membre de la Fédération révolutionnaire.

Morel appartint à la Fédération révolutionnaire de la région de l’Est qui, en mars 1881 — c’est-à-dire quelques semaines avant la tenue à Paris du congrès régional du Centre qui marqua la scission entre socialistes et anarchistes — groupait la plupart des anarchistes de la région de l’Est.
Il fut actionnaire du Droit social, le premier journal anarchiste paru à Lyon, et qui compta vingt-quatre numéros du 12 février au 23 juillet 1882. Il était secrétaire du groupe des anarchistes croix-roussiens (deuxième section du 4e arr. de la Fédération révolutionnaire).
Il participa à une réunion anarchiste de caractère international qui se tint à Genève les 13 et 14 août 1882 sur l’initiative de la fédération jurassienne (voir Bordat).
Le 19 novembre 1882, Morel était arrêté, ainsi que vingt-cinq de ses compagnons de la Fédération révolutionnaire, à la suite des violentes manifestations des mineurs de Montceau-les-Mines d’août 1882, et des attentats à la bombe perpétrés à Lyon en octobre 1882. Impliqué dans le procès, dit Procès des 66, il comparut devant le tribunal correctionnel de Lyon le 8 janvier 1883. Selon l’importance des charges retenues contre eux, l’accusation avait classé les prévenus en deux catégories (Voir Bordat). Morel, prévenu de la première catégorie, fut condamné le 19 janvier 1883 à deux ans de prison, 300 f d’amende, dix ans de surveillance et cinq ans de privation des droits civils. À l’audience, il contesta avoir fait partie de la Fédération révolutionnaire. La peine infligée fut réduite par la cour d’appel de Lyon, le 13 mars 1883, à huit mois de prison, 50 f d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils. Morel fut libéré le 19 septembre 1883.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 4 M 3. — M. Massard, Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894, DES, Lyon, 1954. — Le Procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la cour d’appel de Lyon, Lyon, 1883.

M. Moissonnier

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