JAMIN Léon [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche, Marianne Enckell

Né vers 1857. Menuisier, puis professeur de menuiserie et de trait ; anarchiste.

Menuisier, puis chef d’atelier, Léon Jamin devint, à la fin des années 1870, professeur de menuiserie et de trait à la société de compagnonnage L’Union du Tour de France.

Il se fit remarquer pour la première fois en tant qu’anarchiste suite aux événements de l’esplanade des Invalides, le 9 mars 1883 (voir Louise Michel). Le 11 mars, il était au meeting des ouvriers du bâtiment au chômage, salle Rivoli, avec un groupe d’anarchistes qui, mené par Émile Digeon, appela sans succès l’assistance à aller renforcer le rassemblement de protestation place de l’Hôtel-de-Ville. Conseiller municipal et rédacteur à La Lanterne, Yves Guillot s’y opposa. La tribune fut alors envahie par les anarchistes, qui molestèrent le journaliste. Une bagarre s’ensuivit, au terme de laquelle Charles Godard*, Quinque*, Jamin et Fernande d’Erlincourt* furent arrêtés par la police. Ces deux derniers bénéficièrent d’un non-lieu, mais Godard et Quinque furent déférés au parquet.

En 1884-1885, Léon Jamin collabora au journal Terre et Liberté (voir Antoine Rieffel). En 1888-1889, on le retrouvait au Ça ira, avec Constant Martin* et Émile Pouget.

En 1890, il édita un manuel, L’Enseignement professionnel du menuisier, sous forme de fascicules vendus par abonnement. Le bulletin de souscription portait, en exergue, une citation d’Elisée Reclus. Léon Jamin habitait alors au 21, rue Lamarck, à Paris 18e. Ce manuel a été régulièrement réédité.

Après la période des attentats, il donna quelques articles au Libertaire de Sébastien Faure.

En 1906, il publia une brochure, La lutte pour les huit heures, à l’imprimerie La Libératrice, et en 1912 un roman largement autobiographique, Petit-Pierre, histoire et souvenirs d’un apprenti. Dans une longue lettre à Victorine Brocher, d’août 1909, il le qualifie de "livre d’éducation civique et professionnel". Il préparait alors un deuxième ouvrage, sur le féminisme, qu’il lui demandait de bien vouloir préfacer ; mais il ne semble pas que ce livre ait été publié.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155903, notice JAMIN Léon [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, Marianne Enckell, version mise en ligne le 20 mars 2014, dernière modification le 18 septembre 2015.

Par Guillaume Davranche, Marianne Enckell

ŒUVRE : L’Enseignement professionnel du menuisier, Paris, Bibliothèque de l’enseignement professionnel, 1894-1896, 2 vol. ; La lutte pour les huit heures, Paris, Imprimerie La Libératice, 1906 ; Petit-Pierre, histoire et souvenirs d’un apprenti, Paris, Niclaus, 1912.

SOURCES : Le Gaulois des 11 et 12 mars 1883 — bulletin de souscription pour L’Enseignement professionnel du menuisier — René Bianco, « Cent ans de presse… », op. cit.. — Josef Peukert Papers ; Gustave Brocher Papers ; Amsterdam IISG. — Gallica.

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