DRUARD Marc, Aimé, Melchior [Dictionnaire des anarchistes]

Par M. Vuarnet, notice complétée par Rolf Dupuy et Dominique Petit

Né à Guise (Aisne) le 12 février 1854, mort en région parisienne ; ajusteur, ouvrier modeleur en fonderie ; militant anarchiste à Revin (Ardennes).

Marc Druard avait commencé à travailler très jeune à la fonderie du Familistère de Guise où il résidait avec sa femme et d’où fin 1888 il fut renvoyé à cause de ses idées Selon la police il provoquait des réunions et incitait ses camarades à crier "Á bas la bourgeoisie ! Vive la Commune, le drapeau rouge et l’anarchie !" Mis à l’index par les patrons, il ne trouva plus de travail et émigra en Belgique où il fréquenta les groupes anarchistes de la région de Bruxelles et travailla à la fonderie Nestor Martin à Molenbeek-Saint-Jean

Expulsé de Belgique, il revint en France en mars 1889 et trouva une place d’ouvrier modeleur à l’usine Brichet de Revin (Ardennes). Il était alors chef d’atelier et l’un des principaux propagandistes anarchistes de la région. Le journal le Père Peinard du 28 juin 1891 publiait la petite annonce suivante : " Les compagnons de Fumay, désirant activer la propagande anarchiste dans les Ardennes, font appel à tous ceux qui ont à coeur l’effondrement entier et complet de la société actuelle qui supprime de l’humanité la classe prolétarienne. Un groupe est en formation à Fumay qui aura pour but de combattre l’autorité à outrance sous quelque forme qu’elle soit représentée. " C’est lors de cette réunion préparatoire que M. Druard fut arrêté à Fumay le 26 juillet 1891 avec Auguste Martin-Coupaye* et Henry Chuillot, et fut accusé d’avoir caché dans son jardin la dynamite ayant servi lors d’attentats commis en juin à Charleville et Revin contre des gendarmeries et la maison d’un industriel.

Traduit devant la cour d’assises des Ardennes le 11 novembre 1891, Druard fut acquitté, faute de preuves sur sa participation directe aux attentats tandis que les auteurs des attentats – Chuillot, Bigel* et Bourgeois – étaient lourdement condamnés. Toutefois selon les dossiers de police, il fut bien à l’origine de l’idée d’utiliser la dynamite que Martin-Coupaye lui avait remise à l’occasion d’une conférence de J.B. Clément et qu’il avait ensuite remise à Chuillot ; dans ce cas il aurait pû être l’objet d’une manipulation policière.

Licencié de l’usine Brichet, il trouva un nouveau travail chez un ferronnier qui le licencia à nouveau en mars 1892.

M. Druard, qui était marié depuis le 31 décembre 1879 avec Félicie Bourdelot et avait six enfants, se retrouva veuf et quitta alors les Ardennes pour le Nord, puis Paris où il se mit en ménage avec une jeune bonne du nom de Cotis (décédée dans les années 1960).

Selon une fiche de police et suite à son renvoi du Familistère, il aurait en fait abandonné sa femme malade et placé ses six enfants (cinq garçons et une fille) à la charité publique avant de partir avec une nommée Jacob, épouse Tennelier (ou Vennelier) avec laquelle il vécut en concubinage en Belgique (Molennbeek Saint Jean puis Couvin) avant d’être expulsé du pays. Lors du procès de 1891, il déclara au juge que sa femme était revenue vivre avec lui à Revin.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155877, notice DRUARD Marc, Aimé, Melchior [Dictionnaire des anarchistes] par M. Vuarnet, notice complétée par Rolf Dupuy et Dominique Petit, version mise en ligne le 1er avril 2014, dernière modification le 1er avril 2014.

Par M. Vuarnet, notice complétée par Rolf Dupuy et Dominique Petit

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes, série 3U, dossiers 2095-2156 — Informations transmises par la famille (juin 2011) — Arch. Dép. Ardennes, 3U2095.

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