Né à Replonges (Ain) le 5 novembre 1849, décédé vers mai 1884 ; cordonnier ; anarchiste.

Marié, sans enfants, frère de François Dejoux*, Louis Dejoux appartint à la Fédération révolutionnaire de la région de l’Est (voir Joseph Bernard). Il habitait alors au 67, rue de Chartres, à Lyon.
Au titre de gérant du Droit social, le premier journal anarchiste fondé à Lyon, il fut condamné en mai 1882, par la cour d’assises du Rhône, à un an de prison et 200 francs d’amende pour des articles glorifiant l’acte de Fournier, jeune ouvrier sans travail âgé de 19 ans qui, le 24 mars 1882, avait tiré à Roanne sur le patron Bréchard.
Dejoux représenta la Fédération révolutionnaire à un congrès de la Fédération jurassienne tenu à Lausanne le 4 juin 1882, congrès au cours duquel Élisée Reclus* proposa d’organiser à Genève dans le courant du mois d’août une réunion anarchiste de caractère international.
Dejoux s’était déjà réfugié en Suisse quand il fut impliqué dans le procès des 66 (voir Toussaint Bordat). Prévenu de la première catégorie, il fut condamné par défaut, le 19 janvier 1883, à deux ans de prison, 1 000 francs d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils.
Le Révolté du 25 mai 1884 annonça qu’il venait de mourir.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 4 M 2 et 4 M 3 — Le Révolté du 25 mai 1884 — Le procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la cour d’appel de Lyon, Lyon, 1883 — Jean Maitron, Histoire du mouvement anarchiste en France (1880-1914), Gallimard, 1975 — Marcel Massard, « Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894 », DES, université de Lyon, 1954.

Jean Maitron, notice complétée par Marianne Enckell

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