CONDOM Daniel [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Né le 14 juillet 1872 à Castelmoron (Lot et Garonne), mort le 2 octobre 1903 ; ouvrier pâtissier ; anarchiste de Lyon.

Placé pendant plusieurs mois chez un pâtissier de Saint-Jean, ce dernier le congédia en juin 1887 à la suite d’un début d’incendie qu’il avait causé accidentellement. Son patron le soupçonnait en outre de lui avoir dérobé de la marchandise. Il travailla ensuite pendant quelques temps chez un photographe de la rue Terme. Condom fut condamné le 12 mars 1889, à 300 F d’amende pour contrebande d’allumettes frauduleuses. Il retrouva un emploi le 3 mars chez un fabricant de buscs pour corsets qui le congédia le 14 septembre à la suite d’une bagarre avec un autre ouvrier.

Le 5 novembre suivant, il fut arrêté sur son lieu de travail à l’usine Rivoire et Carret. Il avait été dénoncé la veille par Paul Clément Georges Rouget comme étant son complice dans plusieurs vols. Les 23 et 25 octobre 1889, Daniel Condom avait, en effet, participé au cambriolage de trois villas. Sans doute en vertu de son âge (17 ans), il ne fut condamné qu’à une peine de 1 an d’emprisonnement le 24 février 1890. Ses deux coaccusés furent plus durement condamnés : 3 ans d’emprisonnement.

Le 6 mai 1891, lors d’une grande réunion (800 personnes) d’après 1er Mai, un des fils Condom qualifia le commissaire de police de “crapule” et regretta de n’avoir pas été présent lors de la manifestation pour “casser la gueule à coups de talons” le commissaire qui était tombé au sol. Arrêté le lendemain, il fit plusieurs mois de prison. Il est probable, compte-tenu de la date et de l’habitude de Daniel de prendre la parole lors des réunions qu’il soit bien, des trois frères, l’auteur de ces menaces.

Sébastien Faure étant arrivé à Lyon le 18 octobre 1891, il fut décidé de constituer de nouveaux groupes militants. Daniel Condom fut alors chargé d’organiser un groupe de la jeunesse anarchiste anti-patriote avec pour objectif d’accompagner, drapeau rouge déployé, les compagnons lors des opérations de tirage au sort. Devant lui-même sacrifier au tirage le 27 janvier suivant, il fut décidé que les jeunes anarchistes se réuniraient dans un café face au pont de la Mulatière et, de là, partiraient en colonne pour Saint-Genis-Laval avec cocardes et drapeaux. Toutefois, la présence des agents dissuada la petite troupe de distribuer les tracts qu’elle avait en sa possession.

Perquisitionné le 30 mars 1892 en même temps que 38 autres anarchistes lyonnais, il fut impliqué dans une poursuite pour association de malfaiteurs en avril-mai 1892. En conséquence, il fut arrêté lors de la grande rafle du 22 avril qui conduisit à 29 arrestations en prévision du premier mai et du procès de Ravachol tous deux approchants. Libéré le 7 mai, il quitte lyon 10 jours plus tard.

Il fut arrêté le 4 février 1893 lors du tirage au sort à Villeurbanne, puis condamné le 16 février à 50 francs d’amende pour une autre affaire. François Monod et lui avaient s’étaient adressé aux policiers en des termes offensants lors d’une réunion publique des groupes anarchistes lyonnais le 30 décembre précédant.

Lors des élections législatives de 1893 il fit, dans la 7ème circonscription de Lyon, acte de candidature abstentionniste. Il prit ainsi part, avec Pierre Desgranges dans la 1ère circonscription, Louis Polo et François Vitre dans la 3ème circonscription, Hippolyte Dumortier dans la 4ème, Alphonse Comberousse dans la 5ème, Marius Debard et Claude Joly dans la 7ème, Maurice Condom dans la 9ème et Marius Blain dans la 1ère circonscription de Villefranche, à une vaste campagne abstentionniste.

Il fut perquisitionné le 20 novembre 1893, sans résultat. Le 1er janvier, alors que le commissaire se présentait au 89 rue Ney, chez la veuve Graissard avec laquelle Condom vivait, porteur d’un ordre de perquisition au nom de Condom, sa concubine refusa de laisser entrer l’agent car le mandat n’était pas valide.
Il fut néanmoins écroué à la suite d’une troisième perquisition, le 19 février 1894, au cours de laquelle 2 exemplaires de La Révolte et une brochure intitulée La Revue Libertaire furent saisis.
Libéré le 5 mars suivant, son nom fut porté sur une liste d’anarchistes à surveiller tout particulièrement à l’occasion du procès Caserio.

Signalé parti pour l’Algérie le 10 août 1894, il disparaît en effet des réunions politiques – où il fut jusque là très assidu - pendant une année.
De retour à Lyon, il fut de nouveau candidat abstentionniste pour les élections législatives de 1898.

En 1900, Daniel était établi cordonnier à Vienne. Il décéda le 2 octobre 1903 et fut enterré civilement au cimetière de la Guillotière.

Son père, Pierre, Eugène (né le 4 novembre 1846 à Seyches, Lot-et-Garonne), photographe et ses frères Pierre Camille (né le 30 décembre 1873 à Bordeaux), peintre en bâtiment et Maurice Pierre (né le 18 janvier 1876 à Bordeaux) étaient également militants à Lyon.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155845, notice CONDOM Daniel [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 2 avril 2014, dernière modification le 3 avril 2014.

Par Laurent Gallet

SOURCES : Arc. Dép. Rhône 4M311, 4M312, 4M315, 4M316, 4M371, 10M372, 2U183, 2U521, 2U580

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