CHIERICOTTI Paul [Pierre, Paul, Jacques, dit ; aussi Chericotti, Ricotti] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Né à Milan (Piémont) le 1er mars 1858 ; cordonnier, puis vendeur de volailles ; anarchiste illégaliste ; inculpé du procès des Trente.

Paul Chiericotti (1894)
Paul Chiericotti (1894)
Album Bertillon, 1894.

Venu du Piémont, Paul Chiericotti s’installa à Paris en 1883. Il y devint anarchiste et fréquenta Vittorio Pini*.

En 1892, marié (voir Annette Soubrié) et père de trois enfants, il vivait rue du Ruisseau à Paris 18e, où il était vendeur de volailles.

Frappé par un arrêté d’expulsion de France le 29 mars 1892, il s’exila en Angleterre le 2 avril. Quelque temps plus tard, il rentra clandestinement dans le pays où il vécut sous le nom de Paul Laurent. C’est sans doute à ce moment qu’il devint un membre-clef de la « bande Ortiz* ».

Il participa vraisemblablement à l’important cambriolage d’Abbeville (Somme) dans la nuit du 13 au 14 août 1892, à celui de Fiquefleur (Eure) le 7 janvier 1893, à celui de Nogent-les-Vierges (Oise) dans la nuit 29 au 30 janvier, ainsi à celui de la rue de Longchamp à Paris 16e en juillet de la même année.

Au mois d’octobre 1893, une partie de la bande (Paul Chiericotti, Victorine Belloti* et son fils Louis*, Marie Milanaccio*) s’installa au 1, bd Brune, à Paris 14e. C’est là que le butin des cambriolages était entreposé.

Le 18 mars 1894, la police opéra une descente dans le « repaire » du bd Brune et saisit les objets volés et une partie de la bande. Paul Chericotti fut arrêté et incarcéré.

Du 6 au 12 août 1894, il comparut avec toute la « bande Ortiz » devant les assises de la Seine dans le cadre du « procès des Trente » (voir Élisée Bastard). Jean Grave en garda ce souvenir : « Parmi les cambrioleurs était un ouvrier cordonnier italien, nommé Chericotti. Quand était venu son tour de parler, il se contenta de déclarer qu’il avait toujours travaillé pour vivre, que quelle que soit l’issue du procès, il aurait à continuer à travailler. Au ton dont il prononça ces quelques mots, on sentait la sincérité. Il y avait quelque chose de pathétique. »

Défendu par Me Fernand Labori, Paul Chiericotti fut condamné à huit ans de travaux forcés, qu’il effectua en Guyane. Il obtint une remise d’un an et passa à la relégation en 1901.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155840, notice CHIERICOTTI Paul [Pierre, Paul, Jacques, dit ; aussi Chericotti, Ricotti] [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 20 mars 2014, dernière modification le 12 mai 2019.

Par Guillaume Davranche

Paul Chiericotti (1894)
Paul Chiericotti (1894)
Album Bertillon, 1894.

SOURCES : Le Journal des débats du 31 mars 1892, du 15 juillet 1894 et du 6 au 13 août 1894 — Jean Grave, Quarante ans de propagande anarchiste, Flammarion, 1974 — Constance Bantman, « Anarchismes et anarchistes en France et en Grande-Bretagne, 1880-1914 : Échanges, représentations, transferts », thèse en langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes, Paris-XIII, 2007. — FR ANOM COL H 3940, matricule 26866 / 8426.

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