Né le 15 avril 1835 ; ouvrier tisseur et colporteur de journaux ; anarchiste lyonnais ; membre de la Fédération révolutionnaire.

Dès l’age de 14 ans Chazy fut arrêté pour vagabondage, le 12 avril 1854, et subit une condamnation de 8 jours de prison pour coups. Le 3 mars 1856, il fut condamné à 8 jours de prison pour rébellion.
A vingt ans il passa en Suisse, pour échapper à la loi sur le recrutement ; de retour en 1856, il fut condamné pour insoumission et incorporé au 32e régiment de ligne où il subit de nombreuses punitions.
Des ouvriers occupés à la fabrication de châles à la Croix Rousse, mécontents de leur salaires se mirent en grève tournante, ceux qui travaillaient répartissaient leur salaire avec les grévistes. Le 26 novembre 1863, Chazy et un autre ouvrier Humber, animateurs de la grève, furent condamnés à 6 mois de prison pour coalition.
Le 6 septembre 1873, il subit 2 mois de prison pour violence à agents et exhibition d’emblème séditieux.
En 1871, devenu l’amant de la femme de son patron, celui-ci les surprit à un rendez-vous et lança du vitriol au visage de son épouse qui resta aveugle. Le mari fut condamné à 5 ans de prison et Chazy continua à vivre en concubinage avec la femme.
Chazy appartint à la fédération révolutionnaire de la région de l’Est, connue sous le nom de fédération révolutionnaire, et qui, dès mars 1881 — c’est-à-dire quelques semaines avant la tenue à Paris du congrès régional du Centre qui marqua la scission entre socialistes et anarchistes — groupait la plupart des anarchistes de la région de l’Est.
En 1882, il tenait depuis un an un dépôt de journaux au 21 rue de Dijon à la Croix Rousse et colportait le Droit social et l’Étendard révolutionnaire.
A la réunion du 28 mai 1882, organisée par la Fédération suite à la condamnation de Dejoux*, gérant du Droit social, par la cour d’assises du Rhône, Chazy déclara qu’il connaissait plusieurs jurés du procès : "il faudrait que le Rhône fût du pétrole, les mettre tous dedans et y fourrer le feu".
Le 22 octobre 1882, il assista à la réunion organisée par la Fédération à l’Alcazar où il déclara que "tout le monde était trompé par toute la presse vendue depuis le Nouvelliste jusqu’au Progès sur l’affaire de Monceau-les-Mines où, sous prétexte de complot, on n’avait arrêté que des enfants". Il affirma qu’on empêchait la publication de L’Étendard révolutionnaire parce qu’il disait la vérité et instruisait le peuple.
En novembre 1882, il se réfugia en Suisse pour échapper aux arrestations d’anarchistes opérées à la suite des violentes manifestations des mineurs de Montceau-les-Mines d’août 1882 et des attentats à la bombe perpétrés à Lyon en octobre 1882. Il fut impliqué dans le procès dit Procès des 66, qui s’ouvrit à Lyon devant le tribunal correctionnel, le 8 janvier 1883 (voir Toussaint Bordat). Selon l’importance des charges retenues contre eux, l’accusation avait classé les prévenus en deux catégories. Chazy, prévenu de la deuxième catégorie, fut condamné par défaut, le 19 janvier 1883, à cinq ans de prison, 2 000 f d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civils.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 4 M 3 - 4 U 434 — Le Temps, 30 novembre 1863. — Le Procès des anarchistes devant la police correctionnelle et la cour d’appel de Lyon, Lyon, 1883. — M. Massard, « Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894 », DES, Lyon, 1954.

Maurice Moissonnier, notice révisée par Dominique Petit

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