CHAUTANT Louis, Joseph [Dictionnaire des anarchistes]

Par Maurice Moissonnier, complété par Marianne Enckell et Rolf Dupuy

Né à Serrières (Ardèche) le 9 juin 1859 ; marié, père de deux enfants ; cordonnier ; militant anarchiste lyonnais.

Combatif, violent, en dépit de sa petite taille et d’une santé médiocre qui lui valut d’être réformé, Chautant joua un rôle important dans les milieux anarchistes lyonnais. Au début de l’année 1883, il résidait en Belgique, mais il fut expulsé avec Gauthier-Lavigne, alors qu’Antoine Cyvoct* était livré à la France. Le 1er août 1883, le tribunal correctionnel de Lyon lui infligea sa première condamnation : un mois de prison pour outrages à agents. Gérant du journal La Lutte — 1er avril-5 août 1883 — il fut inculpé ainsi que les autres gérants du journal de provocation, par voie de presse, au meurtre, au pillage et à l’incendie. Par défaut, la cour d’assises de Lyon le condamna à deux ans de prison et 3 000 f d’amende. Il s’enfuit à nouveau en Belgique où il resta deux ans. En septembre 1885, il fut arrêté à Paris et interné à Clairvaux. En janvier 1886, il bénéficia d’une mesure de grâce.

Le 6 août 1888, salle Rivoire, à Lyon, il participa à une réunion publique de la corporation des ouvriers cordonniers. Il y dénonça la misère d’une corporation qui est «  la plus en retard, quoiqu’elle possède des hommes très intelligents » et appela à résister à la « diminution de salaire qui est imposée par [les] patrons », puis il s’en prit, en termes violents, au « commissaire de police, aux agents et aux mouchards » qui assistaient à la réunion. Cette sortie lui valut, le 25 août, une nouvelle condamnation à un mois de prison pour outrages à agents, mais, encore une fois, il n’attendit pas ce jugement pour se réfugier à Genève. Le 27 novembre 1888, rentré clandestinement, il fut arrêté à l’entrée d’un meeting socialiste.

Après avoir purgé cette nouvelle peine, il résida successivement à Genève et à Vienne (Isère), puis, au début de 1893, revint à Lyon. À cette époque il cessa de fréquenter les milieux anarchistes, ce qui n’empêcha pas la police de perquisitionner — sans résultat — à son domicile, le 19 février 1894 et le 6 juillet de la même année.

Le 1e février 1898, Chautant fut rayé de la liste des anarchistes soumis à la surveillance de la police. Toutefois en 1905 il était membre de l’union locale CGT de Lyon et était très actif dans la propagande antimilitariste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155837, notice CHAUTANT Louis, Joseph [Dictionnaire des anarchistes] par Maurice Moissonnier, complété par Marianne Enckell et Rolf Dupuy, version mise en ligne le 2 avril 2014, dernière modification le 2 avril 2014.

Par Maurice Moissonnier, complété par Marianne Enckell et Rolf Dupuy

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 4 M 24 bis. Dossiers individuels — R. Bianco « Un siècle de presse… », op. cit. — Notes D. Dupuy — De geschiedenis…, op. cit.

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